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Homélie du dimanche des Rameaux et de la Passion

"Dimanche des Rameaux : La puissance du don de soi"

En ce dimanche de la Passion, rameaux en mains, l’Eglise nous rend tous contemporains de l’entrée de Jésus à Jérusalem. Par ces rameaux, nous sommes unis à tous ceux qui hier acclamaient le roi humble et doux venu libérer son peuple. Nous ne sommes plus aux portes de Jérusalem, mais aux portes de la Cité sainte de notre cœur, cette autre Jérusalem dans laquelle le Seigneur veut entrer pour y établir son règne de paix. Nous sommes librement venus à l’appel de Dieu, pour lui permettre d’entrer en notre cœur et le guérir. Guérir de sa soif, comme la Samaritaine, guérir de sa cécité comme l’Aveugle de naissance, guérir de sa mortalité comme Lazare. Notre coeur désire connaître la Révélation de l’Amour. Oui, Jérusalem est le symbole de chacune de nos vies, aujourd’hui Jésus y entre sous nos acclamations de joie.
Comment cette libération par un roi sans arme se réalise-t-elle ?

Comment la violence qu’il subit dans sa Passion est-elle au service de sa Puissance ?

Comment est-il vainqueur de la mort, celui qui la reçoit dans la foi en son Père ?

Comment déchiffrer dans le récit de sa Passion, la victoire de l’Amour, le triomphe de l’Agneau ?

 

Pour nous sauver tous de l’errance, pour nous sortir des impasses auxquelles conduit l’oubli de Dieu, et pour nous rétablir dans l’unité après que le mal se soit installé dans nos relations, Dieu ne fait pas de long discours. Il descend au cœur de ce mal et l’assume en souffrant la Passion. Jésus rend justice à Dieu son Père en offrant aux hommes, l’amour dont Dieu aime tout homme. Il les appelle à nouveau à la vie et à la joie éternelle.

L’abîme des offenses, infini en apparence, est comblé seulement,

par l’infini de l’amour offert éternellement.

Ce ne sont ni des histoires ni des connaissances qui nous sauvent, c’est la Passion de Jésus. Ce qu’il convient de comprendre ne peut l’être qu’à condition de laisser s’écrire sur notre cœur  la Passion de Jésus : « Jésus a donné sa vie pour moi ! »

Jésus ne propose pas d’adhérer à ses idées, il appelle tout homme à marcher à sa suite, pour entrer avec Lui, par la voie étroite de l’offrande, dans la Gloire de Dieu son Père.

L’Eglise n’est pas la gardienne des lois de Dieu, mais du seul chemin qui conduit à la Vie. A la Vie Sans fin. L’Eglise n’est signe de la tendresse de Dieu pour le monde qu’en demeurant comme Marie, servante de sa Miséricorde.

 

Le sens de la Croix du Christ est difficile à expliquer à nos contemporains. L’idée commune de la justice que nous avons est celle de la restauration des droits. Si souvent bafoué dans ses droits fondamentaux, l’homme réclame justice. Oublié ou rejeté des hommes, Dieu aussi devrait réclamer justice. Au lieu d’exiger son dû, il répond à leur ingratitude en posant dans le monde la grâce du Cœur de Jésus, et en Lui, la source de toute justice : la surabondance de son amour pour tous, la Miséricorde. L’Eglise est la Porte de ce Cœur d’où jaillit la Vie.

 

Comment déchiffrer dans le récit de la Passion, la victoire de l’Amour et le triomphe de l’Agneau ? En regardant chaque jour ces rameaux que nous déposerons chez nous à côté d’un crucifix ou d’une icône. Ils seront le rappel qu’il n’y a pas de limites à l’amour dont Dieu nous aime. Nous sommes tous la promesse de sa Gloire et de sa Joie lorsqu’il aura fait triompher en nos cœurs, la douceur de son Amour. Viens Seigneur Jésus !

Amen.

Père Laurent Stalla-Bourdillon

Basilique Sainte Clotilde

Dimanche 29 mars 2015

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