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Homélie du dimanche 11 janvier 2015, le baptême du Christ.

Frères et sœurs, nous célébrons l’une des fêtes les plus décisives de notre foi. Jésus reçoit le baptême en descendant dans les eaux du Jourdain. Avec les évènements qui se sont déroulés cette semaine, nous sommes remis devant la réalité que le Christ vient rencontrer. Réalité que nous voudrions écarter ou vaincre le Mal et la mort. Ainsi l’humanité fait face à ce qu’est l’histoire. L’histoire est un combat entre la violence et l’Amour. Le contexte que nous connaissons nous permet de saisir plus immédiatement ce que signifie recevoir ce baptême. Jésus vient de lui-même ; il vient faire face à la réalité du Mal, il vient pour cela, il vient nous délivrer d’un mal dont nous n’avons pas le remède. Il vient nous apprendre que seul l’Amour guérit l’homme. Il vient repousser le Mal par le Bien. Il vient vaincre la misère par sa Miséricorde. Frères et sœurs nous ne sommes pas totalement guéris de nos propres illusions, illusions de pouvoir dépasser ces épreuves par nous-mêmes. Les frères demeurent des étrangers, jusqu’à quand, les hommes répondront-ils par des lois et des canons. Réaliser l’unité de la famille humaine, surmonter nos divisions, est ce possible ? Que de divisions apparaissent lorsque nous regardons la photo de famille mondiale. Cette absence d’unité est la plus grande menace de l’humanité. En vérité, elle est la négation de la promesse de Dieu, la négation du Royaume dans lequel nous serons tous parfaitement unis, parfaitement capables de nous aimer et de nous accueillir. Alors nous ne devons jamais nous satisfaire d’une situation ou ces divisions sont acceptées.
Comment être unis ? Il y a la voix de la raison et de la nécessité, « il le faut. » Et puis il y a la voix de la joie. La joie qui vient de l’Amour de l’Autre. Amour qui fait toute la joie du Père : «  en toi j’ai mis toute ma joie, toi mon enfant qui est venu révéler aux hommes l’Amour dont je les aime ; non pas parce qu’ils le méritent mais parce qu’ils sont mes enfants ». C’est donc à travers cette unité difficile à retrouver que cette fête peut éclairer la tragique actualité que traverse notre pays. Un homme saint, c'est-à-dire pleinement uni à Dieu, par le service de ces frères, cet homme descend dans les eaux troubles de la mort, les eaux du péchés des hommes. Le Jourdain est ce fleuve qui se jette dans la mer morte, symbole de la quintessence du péché. L’horreur du Mal ne détourne pas Jésus de rejoindre les pécheurs afin de leur apporter son Amour. Il vient les sauver de leur enfermement. Ce Mal, dont nous sommes aujourd’hui les témoins, ne le rebute pas. Jésus engagera ces disciples à aimer, à prier pour ceux qui les persécutent. Dans la vie de Jésus, l’Amour prime en tout. Jésus ne peut regarder ce monde qu’à partir de la lumière qui vient de l’Amour. Jésus vient donc offrir le baume de son Amour, le seul capable de le guérir à la racine de son Mal. Les hommes se tuent parce qu’ils ont avant tout oubliés que Dieu les aime et veut les conduire à la vie. C’est donc dans l’Amour qui le fait se livrer pour les autres que Jésus est dévoilé dans son identité de Fils de Dieu : « Tu es mon Fils bien aimé. » Cette parole survient à l’instant même où Jésus est descendu dans les eaux de la mort. C’est parce qu’il vient vers ces frères qu’il est fils de Dieu, ainsi, nous découvrons que nous sommes fils de Dieu, lorsque nous nous tournons vers nos frères qui ont besoin d’Amour. Comment délivrer ceux qui sont captifs de folles idéologies meurtrières ? Quelle est la maladie de leur âme ? « Je suis venu pour les malades et les pêcheurs. » dit Jésus. Oui que ces actes soient unanimement condamnés. Mais  qui se demande aujourd’hui si nous sommes prêts, nous aussi à aller chercher ces âmes perdues. Hors il le faut, il le faudra, comme Jésus le dit lui-même, il faut que le Fils de l’homme meurt. Ainsi Jésus est-il, par l’offrande de sa vie, le salut pour l’humanité et la guérison de sa dérive fratricide.

Si nous avons la grâce de le connaitre et si nous avons la grâce d’être aimé de Lui et l’avoir reçu en nous, la grâce et la force du baptême, c’est qu’il nous engage à le suivre. Nous pouvons nous appuyer sur la parole du prophète Isaïe entendue : « Je m’engagerai avec vous, dit Dieu, par une alliance éternelle, lui, j’en ai fait un témoin pour les peuples. »

Seule l’Eglise peut venir à bout des divisions, seule l’Eglise annonce l’homme qui n’a nulle autre ambition que de ramener ses frères vers leur Père : c’est le baptême de Jésus. Ce jour anticipe l’heure de sa mort pour le salut du monde. Sa mort offerte par Amour devient la voix royale de l’accomplissement de sa vie. Sa mort donnée par amour devient le Salut de tous , mais devient également le chemin de tous les baptisés. Là, où l’homme donne la mort dans la haine de son frère, Jésus donne sa vie par amour de ses frères. C’est aujourd’hui, le baptême de Jésus. Passées les révoltes et les condamnation, que ferons nous pour guérir de cette plaie, de tous ces extrémistes et ces fondamentalistes qui gangrènent sans cesse l’histoire des hommes. Nous devons pour cela nous demander quelle est notre part de responsabilité personnelle ou collective. Le Mal nous traverse nous aussi et nous le savons bien. Alors nous devons nous rappeler que notre propre baptême est un baptême dans celui du Christ qui vient vers nous jusqu’au bout.

               Nous pouvons, frères et sœurs, demandez au Christ aujourd’hui, et je vous pris de le demander pour moi, comme je le demanderai pour vous, qu’il vienne descendre dans le Jourdain de mon cœur où se trouvent mes propres germes de divisions, afin qu’en l’accueillant, il me délivre et que je reçoive l’Esprit Saint, qu’ensemble à l’autel nous recevions l’Esprit du Seigneur qui nous donne la force de parler à nos frères à partir du Royaume, à partir de l’Amour, sans laquelle l’histoire telle que les hommes la regardent pourraient les convaincre de désespérer. Que la fête du Baptême du Christ nous engage à prier pour ceux qui nous persécutent, comme nous y invite Monseigneur Vingt Trois. Priez pour ceux qui vous persécutent, parce qu’il en va de l’heure du jugement. Ce que nos médias ne diront jamais, c’est qu’il y a un après la mort, c’est qu’il y a un face à face avec Dieu, et que ce jugement est d’abord le jugement de l’Amour ; et que ces hommes qui tuent leurs frères viennent au tribunal de l’Amour ; s’ils n’en ont pas pour leurs frères qu’ils puissent au moins paraître enveloppé de l’amour que nous avons pour eux puisque nous voulons que Dieu les sauve. Alors que cette fête, frères et sœurs, nous fassent entendre notre responsabilité de chrétiens, notre joie d’être chrétiens et de pouvoir partager au monde cette espérance qu’il nous a apporté. Mais nous n’avons aucunes chances d’être témoin de l’Amour du Christ s’il ne descend pas dans notre cœur et si chacun ne reconnait pas qu’il a dans le cœur, un Jourdain dans lequel le Seigneur veut aujourd’hui descendre. Rappelons nous cette phrase de la première lettre de saint Jean. « A ceci, frères et sœurs nous avons reconnu l’amour, il a donné sa Vie pour nous. » Nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères. Alors demandez à Dieu, si vous le voulez bien tout au long de cette semaine, les moyens concrets de nous donner aux autres. Ne rêvons pas de grandes réalités, et lorsque la fatigue vous vient, lorsque le trouble vous saisit, regardez le crucifix. Oui, notre quotidien est fait de difficultés de toutes sortes, mais en réalisant que nous avons reçu le baptême, en réalisant que le Seigneur se tient à l’intime de nos vies pour faire de nous d’autres Christ qui viennent par Amour donner leur vie pour leurs frères. Que le Christ nous rappelle que le terme véritable de notre vie c’est le Royaume d’unité et de paix ; alors nous aussi, notre identité d’enfants de Dieu paraitra, alors nous aussi, nous éprouverons cette paix unique qui vient du Royaume, cette paix qui nous ai donné alors que nous entendrons à l’intime de nous même : « Tu es mon enfant bien aimé, en toi j’ai mis toute ma joie. »  A cette condition là, puisse l’Amour répandu dans nos cœurs, nous aider les uns les autres. Laissons le Christ nous dire aujourd’hui : « Je suis la Vie, je suis la Paix de ton âme, je suis l’Amour qui réalise l’unité parfaite. » Puisons ensemble à la source de notre baptême, la joie de croire que la violence n’aura jamais le dernier mot, puisons la joie d’être aimé et la force sans mesure.Amen.

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