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Homélie du dimanche 23 novembre 2014, Le Christ Roi de l'univers

Frères et sœurs, cette solennité du Christ roi de l’univers a été institué en 1925 par le pape Pie XI. Elle répondait à la nécessité toujours actuelle de demeurer sous l’autorité du Christ. Si l’achèvement de ce monde crée par Dieu est confié à l’œuvre de l’homme, celle-ci ne peut s’accomplir si l’homme est sans Dieu. Comment accomplir l’œuvre de quelqu’un d’autre lorsque je ne reconnais plus la présence de celui qui m’a donné cette œuvre. Et déjà la tentation à l’époque était grande, de considérer l’homme souverainement indépendant et libre de Dieu avec les conséquences inhumaines que l’on sait : les guerres, les manipulations de la personne, d’où qu’elles viennent du politique , de l’économique, du médiatique. Le règne du Christ sur l’homme est la garantie de son humanité, est la victoire contre cette déshumanisation de l’homme lorsqu’il s’affranchit de Dieu. Heureux sommes nous réunis aujourd’hui pour célébrer le Christ, lui qui règne sur chacune de nos vies. L’homme privé du Dieu de l’alliance s’aliène et se détruit en prétendant le contraire. L’homme ne peut pas devenir plus homme, s’il ne se met pas chaque jour entre les mains de Dieu qui l’aime.

Et c’est ainsi que nous entendons la parole du prophète Ezéchiel : « je veillerai sur mes brebis et j’irai les délivrer. C’est moi qui ferait paitre mon troupeau, c’est moi qui le ferait reposer. » Heureux les hommes qui accueillent le repos que Dieu veut leur donner. C’est une béatitude sans fin.

Ainsi la question se pose à chacun de nous, consentons nous, à ce que le Christ règne sur nous. Toute l’année liturgique culmine avec cette fête. Dimanche prochain nous entrerons dans le temps de l’avent, mais au terme de cette année liturgique , nous avons notre but de notre vie de foi, que le Christ règne en nous et sur nous. Pourquoi le demandons nous, parce qu’en Jésus, l’homme est parfaitement ajusté à Dieu. Le Christ règne parce qu’il honore la finitude de l’homme. Il se penche vers lui par amour pour le conduire vers sa vulnérabilité, sa faiblesse, sa fragilité, là où il ne peut pas aller seul. Oui le Christ honore la vérité de l’homme.
Sur la croix, Jésus est Roi, il abandonne tous les rêves d’autosuffisance de l’homme. Il entend les hommes lui dirent : si tu es le fils de Dieu, descend, il s’en remet tout entier à son père : « entres tes mains je remets mon esprit ». Voici l’homme. C’est donc le règne du service par amour que nous célébrons aujourd’hui.

De la parabole, que nous venons d’entendre, je voudrai souligner deux aspects avec vous. Le premier c’est que le jugement de ce Roi permet de recevoir en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Ainsi, les hommes sont appelés à hériter du royaume. Notre existence trouve là sa finalité bienheureuse. Nous sommes faits pour le royaume de Dieu. Mais le royaume , cela n’est pas un lieu. C’est d’abord la capacité définitivement acquise de faire le bien. C’est donc là où règne l’amour ; et l’amour régnera en nous pour toujours pour faire le bien. Et nous serons des êtres transfigurés par la bonté qui vient de Dieu et qui déjà mystérieusement en nous. Ce n’est pas nous qui seront dans le royaume sans que l’amour soit totalement en nous. Et c’est ce que saint Paul disait aux Corinthiens. « Dieu sera ainsi tout en tous. »

Le Christ va venir, ce matin dans le cœur d’une petite fille Daphnée, elle a les yeux bleus pour l’aider à grandir en fille du père des Cieux. Et notre famille paroissiale est là pour elle, pour que retentisse dans son cœur la parole de sa mère l’église qui lui enseigne l’amour du Christ pour elle et pour tout homme.

Le second point relevé dans la parabole : les actes posés à l’égard les uns des autres ne sont pas sans importance. C’est ce que Jésus veut souligner. La force de cette parabole vient de ce que le mérite ou la louange revient à ceux qui ont posés des actes de charité non pas au nom de Dieu mais au nom de l’homme et de sa vulnérabilité, de sa fragilité au fond de sa dignité. Dieu s’y retrouve parfaitement dans ceux que les hommes ont faits ainsi à l’égard de leur frère parce qu’il s’y trouve déjà. Il est caché en chacun de ses enfants. Pourquoi croyez vous que nous ne voyons pas Dieu, ce serait si facile. Alors, si Dieu était là, je le verrai et je saurai qu’il existe et je pourrai m’occuper de lui. Mais tu auras vite fait d’oublier ton frère et Dieu ne veut pas que tu le voit avant d’avoir vu la beauté de ton frère. Ainsi, le royaume grandit en nous , à mesure que se fortifie entre nous la loi de l’amour. A l’inverse, les maudits ne doivent leur sentence et c’est assez incroyable, non à cause d’un mal qu’ils auraient commis, mais à cause d’un bien qu’ils pouvaient faire et qu’ils n’ont pas fait. Ils se disculpent en invoquant le fait qu’ils se pensaient irréprochables envers le Seigneur. « Seigneur quand est ce que nous t’avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison sans nous mettre à ton service. Ils leur répondra : « amen je vous le dis, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait. »

Autrement dit, il s’agit d’abord d’être irréprochable envers l’homme. Dieu , chers amis peut pardonner le mal commis et il le fait dans l’Amour sans mesure du Christ. Il le fait sur la croix, Jésus vient et il vient aujourd’hui pour nous sur l’autel, purifier notre cœur par son Amour infini. Oui, Jésus règne par Amour et il trône sur la croix. Mais il ne peut pas faire que le bien qui n’a pas été fait, soit fait. Il ne fait pas sans nous. Tout ce qui n’est pas donné, est perdu. Cette phrase est devenue la devise du père Ceyrac, il l’avait lu sur un mur d’une léproserie en Inde. Alors et pour conclure, ceux sont avant tout deux attitudes qui nous sont décrites ici. Et il ne faudrait pas penser qu’il puisse y avoir deux catégories de personnes, mais il y a bien deux attitudes possibles. Qui d’entre nous pourraient se situer dans l’une ou l’autre de ces catégories. Nous avons tous faits cela et omis de faire cela. Redisons le , c’est à une attitude que le Seigneur nous appelle. L’homme seul, ne peut rein mais avec le Christ le règne de l’Amour qui est caché en chacun de nous, va pouvoir s’ouvrir, grandir, se déployer pour notre joie. Et nous sommes chaque dimanche réunis pour reprendre chaque jour cette grandeur que le Seigneur veut accomplir lui-même en nous. Ne croyez pas qu’ils nous regardent de loin en nous disant : « allez va y ». Si nous voulons bien lui ouvrir notre cœur, c’est Lui qui vient. Et bien c’est ce règne de l’Amour que nous allons maintenant célébrer dans le baptême de Daphné pour qu’elle grandisse dans cette joie de l’Amour et qu’elle devienne pleinement l’enfant que Dieu appelle et aime. Amen.

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