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Homélie du dimanche 9 novembre, dédicace de la basilique du Latran

Frères et sœurs,

               les juifs étaient attachés à leur temple avec un brin d’excès. Reconstruis et embellis durant 46 ans, ce temple n’était pas encore terminé, il devait prouver au monde que Dieu avait là, sa demeure. Il faut dire que le souvenir de la destruction du temple au temps de l’exil, avait suscité le désespoir et l’angoisse. Si le temple est le lieu de la présence de Dieu, la perte du temple signifie t-elle  la perte de la présence de Dieu ? Il faut donc rebâtir le temple pour retrouver sa présence. Voilà la logique des juifs d’hier et de certains aujourd’hui. Les heurts, dont nous entendons parler à Jérusalem viennent de ceux que les juifs continuent de venir prier toujours au même lieu devant le mur du Temple, et que certains envisagent la réédification du temple, lieu permanent de la présence de Dieu. Cette conviction que le Temple est présence de Dieu a conduit le peuple à y offrir les sacrifices, toujours plus nombreux et à y développer un commerce toujours plus « juteux ». La colère de Jésus se comprend en regard de la gravité de la situation. Il trouva installé dans le Temple les marchands de bœufs, de brebis, de colombes et l’échangeur. Ils n’étaient sûrement pas arrivés le matin et la situation avait simplement assez durée. Le geste de Jésus, chers amis, devient prophétiques de sa vie toute entière. En chassant les vendeurs du Temple, Jésus purifie le Temple, il le déleste de tout ce qui ne relève pas de l’authentique relation à Dieu. L’attitude de Jésus apparait doublement blasphématoire ; il met en doute la pertinence des sacrifices et parle de la maison de Dieu comme de la maison de son Père. Ce n’est pas une humanité libre que Jésus voit, mais une humanité enfermée dans sa possession du temple. Il est si difficile aux hommes de ne pas s’approprier Dieu. La raison de sa colère apparait donc précisément dans ces paroles. « Ne faites pas de la maison de mon père… ». Dieu est son père, et on ne prie Dieu qu’en devenant son Fils, son enfant. Nous sommes toujours dans la maison de Dieu, dès l’instant où nous nous adressons à Dieu en tant que Notre Père. Dieu n’est pas ici et il ne serait pas là ; Dieu est partout présent, où le cœur de l’homme se tourne vers Dieu et l’appelle « Père ». Et dès cet instant, le corps, même, de celui qui prie Dieu, comme père, devient son temple véritable. Ces frères juifs ne connaissent pas le Père, mais Jésus vient leur enseigner que Dieu n’est connu et aimé qu’à travers l’attitude d’un enfant. « Si vous ne devenez pas comme l’un de ces petits enfants », redira Jésus.
Alors, Jésus peut vider le Temple d’échangeurs car le temple n’est pas le lieu de la présence de Dieu, il n’en est que le signe. Le temple était bien détruit au temps de l’exil à Babylone et pourtant le prophète Ezéchiel, que nous avons entendu dans la première lecture, le voit en vision. De l’eau coule du temple, qui va assainir les eaux de la mer morte, c’est donc le signe que Dieu habite toujours son temple, mais où est ce temple ? Ce temple véritable est le corps de Jésus, et c’est l’Eglise qui est son corps. Le temple de pierre, aussi beau, soit-il, n’est qu’une étape de la Révélation du seul lieu de la présence de Dieu. Dieu demeure au milieu de son peuple. Ils auraient du le savoir, se souvenir que Dieu le conduisait, lui peuple bien aimé, enfant premier né de Dieu, que Dieu conduisait à travers le désert vers la terre promise.

               Chers amis, retenons que Dieu habite les relations humaines et les féconde. « Là, où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » ou « c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres, qu’ils sauront que vous êtes mes disciples. » L’amour familial, l’amour des époux habitent entre les époux. Ils n’habitent pas les murs de la maison. Mais, nous bénissons les murs de la maison pour que ceux qui y demeurent, s’aiment. La chaleur et la fraternité demeure entre les personnes. Dieu est présent, là, où l’homme est présent. L’homme est présent, là, où son cœur s’ouvre à son frère . Hors, c’est en Jésus et en Jésus seul, que l’homme est présent. C’est en Lui que l’amour sans mesure, nous rejoint. Car, il va nous aimer jusqu’au bout. Dieu est présent en Jésus, voici l’homme et voici le fils de Dieu. A partir de là, nous avons une ébauche à la question de ceux et celles qui se demandent chaque jour : où est Dieu dans ce monde. Tant de nos contemporains se le demandent.

               Chère Anne Marie qui va commencer le chemin vers le baptême, vous répondez à l’appel de Dieu qui veut faire de vous pour votre joie, le temple de sa présence par l’amour dont il vous rend capable. Aujourd’hui, en cette fête de la dédicace, nous célébrons le temple de Dieu que vous êtes chacun, advenus par la conscience de Dieu, dans votre baptême. Nous célébrons le temple de Dieu que nous sommes ensemble, Eglise du Seigneur, corps du Christ. Alors, l’avertissement de saint Paul, est aussi pour chacun de nous, est aussi pour moi.

 Que chacun prenne garde à la façon dont il construit. L’Eglise est signe de l’amour de Dieu dans le monde ; elle ne doit pas faire « barrage » ; et nous entendons tout le souci pastoral du pape François.

La pierre de fondation de la présence de Dieu, personne ne peut en poser d’autre, dit saint Paul aux Corinthiens, elle existe déjà, cette fondation, c’est Jésus Christ. Alors, vivre une vie chrétienne, c’est nourrir une relation personnelle, d’enfant avec notre père des Cieux. C’est pendre la mesure de l’importance de l’Eglise comme communauté de Foi et d’Amour formée par l’écoute et l’adoration de Dieu. C’est dans l’Eucharistie que nous célébrons ensemble que le Christ en son corps nous communique la présence réelle de Dieu. Il fait de nous le temple véritable de sa présence. Où est Dieu ? Où le voit-on ? Comment le voit-on ? A l’Amour que vous avez les uns pour les autres. C’est à la mesure de la confiance de l’Esprit Saint qui est à l’œuvre dans nos cœurs que ce réalise, cette œuvre admirable.

               Vous rentrerez chez vous heureux de la joie de se savoir temple de Dieu et membre de l’unique corps qu’est son Eglise. Et vous souvenant que Jésus ne cesse pas de purifier ce temple. Car c’est Lui, qui vient réveiller notre conscience pour nous alerter, pour nous pardonner de nos péchés, sans cesse, il purifie ce temple. Le corps que vous êtes temple de Dieu , l’Eglise que nous formons, est-elle aussi d’une certaine manière transitoire, car nous le croyons Dieu les transfigurera dans sa gloire pour notre joie.

               Que la Vierge Marie, mère de l’Eglise, mère de la grâce, mère de tous les enfants du père nous accompagne et nous aide sur le chemin de la Foi.   

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