sliderhome

Homélie du dimanche 22 juin 2014, solennité du Saint Sacrement Corps et du Sang du Christ


Frères er sœurs nous sommes invités à redécouvrir ce rite de l'Eglise qui nous réunit à en apprécier toute la beauté, et à prendre conscience de l'ignorance de nos frères et sœurs qui ignorent en cet instant qu'ils sont appelés aussi à prendre part à ce repas sacré.

1/ Au XXIème, à l'ère des tablettes, nous en sommes encore à partager le pain et le vin. Quelle est donc la signification authentique de ce que nous vivons ? Ce pain, cette coupe ne sont pas ce que nous décidons nous-mêmes de partager ; nous sommes réunis parce que Dieu lui-même veut nous nourrir ! « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » Ainsi, nous devons reconnaitre que nous sommes tous traversés par une double faim : la faim physique de nos corps et la faim de la vérité. Et nous nous nourrissons tous de vérité et nous en avons besoin pour vivre. « Ta Parole Seigneur est vérité. »
Prenons acte que dans notre corps, nous avons une bouche avec laquelle nous mangeons et nous parlons. C'est par là où nous mangeons que nous parlons ! Faut-il de un signe plus claire pour comprendre que la parole est vraie nourriture ? Nous prononçons des paroles qui sont susceptibles de devenir nourriture autour de nous. « Parle-moi et je vivrai » dit le psaume. « Tu as Seigneur les paroles de la vie éternelle » dit saint Pierre à Jésus. Le Seigneur nous fait don de sa Parole. Et nous avons besoin d'être éclairés par ces paroles pour découvrir le sens véritable de chacune de nos vies.


2/ Bons nombres de nos contemporains estiment que cette vérité est inaccessible et illusoire. La Parole est une vraie nourriture. Soyons attentifs aux paroles que nous échangeons car elles sont capables de nous donner la vie et de nous éclairer. La Parole que le Seigneur nous adresse se fait nourriture. Le Christ dit lui-même qu'il est le « Pain vivant descendu du Ciel ». C'est assez obscur et pourtant, rien ne nourrit davantage le cœur de l'homme que la présence d'un ami. C'est parce que nous sommes en présence de quelqu'un que nous sommes apaisés et fortifiés. Le Seigneur ne veut pas que nous soyons seuls. Ce sacrement est le sacrement de la Présence réelle du Christ qui se donne à nous. Finalement, nous sommes renvoyés à savoir si dans nos journées, nous vivons vraiment en présence du Seigneur. Avons-nous besoin de la présence du Seigneur ? Oui, humblement, vraiment oui ! Cela n'est pas Lui qui fait défaut de Présence, c'est généralement nous qui nous éloignons de Lui.

La substance de ce pain, c'est l'Amour. Il est présent car il nous aime et sait que nous avons besoin de sa Présence. Si l'homme nie sa présence, il n'y a plus d'espérance, ni de lumière, ni joie.
Redisons le, c'est Dieu qui nous donne ce pain et c'est la raison pour laquelle il y a des prêtres pour le recevoir, pour le donner. C'est ainsi que nous recevons toujours ce don.

3/ Troisième point après la Parole et la Présence, le Don.
Jésus fait de son corps un don. Il l'a livré sur la croix et il nous le donne aujourd'hui sur l'autel. S'il est vrai que le Corps du Christ est un don, alors il est vrai aussi que chacun de nos corps est fait pour être donné. Et nous sommes faits pour nous livrer humblement les uns aux les autres dans la pauvreté de nos vies et de nos personnes. Nous sommes tous signe de son Amour.
L'Eglise doit apprendre à dire ce qu'elle est et ce qu'elle vit. Elle doit réapprendre sans cesse à dire au monde, qu'elle est une famille qui se laisse nourrir par la Parole de Dieu. Cette Parole s'est faite présence constante et continuelle qui accompagne toute l'humanité. Et l'Eglise doit ainsi redire que nul n'est à priori exclu de ce repas. C'est le sens de la catholicité de l'Eglise. Dieu attend tous les hommes pour les nourrir. Il n'y a pas de doute pour nous chrétiens. Il n'y a pas d'alternatives, il n'y a pas de produits de substitution qui pourraient réaliser ce que seul le Corps du Christ peut réaliser. Lorsque nous le recevons et lorsque nous le recevrons dans un instant, lorsque nous participons tous ensemble à la célébration de l'Eucharistie, le Christ fait de nous son corps. Nous aurions tort de penser à une sorte de dissociation permanente entre le corps du Christ et cette petite lampe rouge qui brille devant le tabernacle et qui nous rappelle qu'il est là et qu'il est là sous la forme du pain pour être notre nourriture et que nous nous sommes aussi une nourriture, une parole pour nos frères. Comment Dieu peut s'adresser aujourd'hui aux hommes, à travers chacune de nos vies ? Le père Antoine Chevrier, prêtre fondateur des prêtres du « Prado » disait que le prêtre était un « homme mangé » et que tant qu'à faire, il fallait qu'il ait de la saveur. C'est vrai d'un prêtre, mais c'est vrai de tout chrétien. Un chrétien doit être prêt à se laisser « manger » ; c'est-à-dire à avoir de la saveur pour ses frères.

Heureux sommes-nous, d'être chaque dimanche invités à la table du Royaume. Nous savons qu'à chaque fois que nous participons à ce repas, nous sommes en communion avec ceux qui nous ont précédés ici, dans la basilique mais aussi par toute la terre, nos familles, nos parents qui nous précèdent dans le Royaume de Dieu. Lorsque nous communions au corps du Christ dans le Saint Sacrement, nous sommes unis à nos frères et sœurs des cieux, qui participent avec nous à ce festin des noces éternelles. Soyons aujourd'hui tous dans la joie, tandis que le Seigneur vient par sa Parole, nous donner la vie éternelle. Amen.

Père Laurent Stalla-Bourdillon
Dimanche 22 juin 2014
Basilique Sainte Clotilde

Media

Contact express