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Homélie du dimanche 11 mai 2014, 4ème dimanche de Pâques

Le Bon Pasteur
« Je suis venu pour qu'ils aient la vie en abondance. » Jean 10,10

Frères et sœurs, ce quatrième dimanche du temps pascal est le dimanche du bon Pasteur. Le Christ est Celui qui se présente comme le seul à pouvoir conduire les hommes vers le terme bienheureux de leur existence. Celui qui - car il est seul la vraie lumière - illumine tout homme durant le temps de sa vie, celui qui peut réjouir le cœur de l'homme et lui révéler la splendeur de sa vie.
En ce dimanche, de nombreux séminaristes, donnent des témoignages de leurs vocations. Je me souviens lorsque j'avais 15 ans, j'allais à la messe, mes parents me permettaient d'aller à la messe sans eux, à mon rythme. Je ne peux pas dire qu'à 15 ans, j'ai pu percevoir l'importance de ce vers quoi j'allais, lorsque je me rendais à la messe. Et le Seigneur a voulu que dans mon cœur reste une phrase que je me suis dite un jour en regardant le prêtre de loin, en restant au fond de l'église : «le pauvre». J'ai été saisi par cette impossibilité de comprendre ce que signifiait sa fonction, son habit blanc. J'étais baptisé, j'étais catéchisé, mais j'étais comme cette brebis errante qui ne voit pas, qui ne comprend pas ce que signifie ces assemblées de chaque dimanche qui permettent à une famille de se retrouver et finalement de venir communier à cette réalité la plus fondamentale pour chacun de nous : l'Amour. J'ai pu me demander pourquoi cette parole intérieure, était restée dans mon cœur. Et bien simplement parce que le Seigneur avait sans doute former le projet de me permettre de découvrir quel était le sens du prêtre. Et il le fit, en prenant le temps, car Dieu a tout le temps, le temps de nous révéler qu'il est pour nous le Bon Pasteur.


Avec vous, j'aimerai relever quelques passages de l'Evangile. Ce Bon Pasteur est le Pasteur de nos âmes. Cela n'est pas simplement quelqu'un qui nous conduit, c'est quelqu'un qui connait au plus intime de nous-mêmes, notre âme. L'âme est le lieu même de notre vie où nous percevons que nous sommes en chemin, que nous sommes remplis de désirs et que nous avons des questions. Il est celui qui parle à notre âme et nous sommes capables « d'écouter sa voix », la voix du Bon Pasteur, vous la connaissez, elle retentit dans votre conscience, c'est la vérité. Il sait nous parler, il sait nous conduire. Il nous faut parfois beaucoup d'audace pour convenir que c'est cette voix là, qu'il faut suivre. Nous reconnaissons sa voix, nous sommes capables de la reconnaitre. Il nous faut sans doute admettre que nous cherchons Celui qui veut nous conduire.
L'Evangile nous dit encore : « qu'il nous connait et qu'il nous appelle chacun par notre nom ». Le bon Pasteur vous connait, il vous communique votre nom, ce nom c'est « mon enfant, mon bien aimé ». Nous n'imaginons pas que Dieu nous connaisse mieux que nous nous connaissons nous- mêmes. Dieu nous dit : « je peux te dire à quelle source je te conduis, à quelle vie tu es destiné ». L'Evangile nous dit encore que le Pasteur nous conduit vers un pâturage. Le vrai pâturage, c'est son cœur et dans son cœur il y a l'amour irrévocable de son père pour Lui. Rien ne pourra altérer la joie et la paix du Christ car il sait que son Père est là. Et il y a dans la vie du Christ, une attraction irrésistible vers le Père. C'est parce qu'il est constamment en lien avec son Père qu'il peut supporter nuit et jour, la haine de ses frères, l'incompréhension des hommes qui sont autour de Lui, la fatigue du temps. Il a en face de Lui des brebis errantes qui vont chacun selon leur volonté propre. Il est absolument débordant d'Amour. La joie de la foi permet de comprendre que chaque dimanche, le Christ vient nous nourrir, et nous communiquer son élan vers le père. Nous pourrions dire que chaque jour, nous sommes attirés vers le Père, vers la vie, vers l'accomplissement de notre vie, vers la possibilité que se dévoile la splendeur de ce que nous sommes en vérité : l'œuvre de Dieu ! I
l est très difficile aujourd'hui pour notre monde très sécularisé de comprendre ce qu'est un prêtre. Le Christ a voulu l'Eglise pour qu'Il ne cesse dans l'histoire de donner l'Amour, d'illuminer notre route et qu'ensemble, nous puissions être les témoins pour tous ceux qui cherchent un sens à leur vie. Il y a indéniablement une corrélation entre le désir de sainteté et la baisse des vocations en Europe. C'est bien parce que nous voulons être saints et correspondre à ce que Dieu attend de nous que nous avons besoin de prêtres car ils sont au service et prolongent l'acte du Christ. Le prêtre est appelé à être pasteur, bon et miséricordieux comme le Christ est pasteur, bon et miséricordieux. Mais si chacun de nous peut se suffire à lui-même, alors il est évident qu'il n'y aura plus besoin de prêtres. C'est donc de la foi et du désir profond des communautés que naissent les vocations. L'Eglise a confiance, elle se laisse conduire ; les vocations naissent parfois, là, où on ne les attend pas. Retenons simplement que le Seigneur nous accompagne, qu'il est notre berger et veille sur chacun de nous.
Ayons le désir de nous laisser conduire pendant toute cette semaine. Le Christ parle à notre âme, c'est donc dans le silence de notre vie intérieure que nous le rencontrons. Qu'il vous accompagne chacun sur le chemin de votre vie et qu'il vous donne déjà la saveur du bonheur unique, de la joie éternelle. Amen.

Père Laurent Stalla-Bourdillon
Basilique Sainte Clotilde
Dimanche 11 mai 2014

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