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Homélie du dimanche 6 avril 2014, 5ème dimanche de Carême

Frères et sœurs, au terme de la proclamation de l'Evangile, chapitre 11 de l'évangile selon st Jean, la résurrection de Lazare ; il nous ait bon de demander à l'Esprit Saint de comprendre, pourquoi Jésus a laissé mourir Lazare ; ce reproche est fait deux fois par chacune des deux sœurs : ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? C'est une question qui se pose dans le cœur de tout homme : si Dieu est si bon, pourquoi sommes nous amenés à mourir. L'Eglise comme une mère qui accompagne ses enfants, parle au cœur de l'homme et annonce cette bonne nouvelle que Jésus fait entendre.
L'Amour authentique, de Jésus qui aimait Marthe et Marie comme il aimait Lazare, n'est pas un amour qui se précipite c' est un Amour qui nous donne la vie ; ce n'est pas cette vie reçue, c'est une autre Vie. Il nous faut rechercher cette Vie. « Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ». Nous devons donc nous attacher à chercher cette vie qui n'est pas la simple palpitation de nos cœurs, mais cette vie par laquelle en croyant dans le Christ, nous sommes vivants .L'amour est plus fort de la mort. Et en Jésus se trouve un amour plus fort que la mort. Il faudra attendre la semaine sainte pour que l'Amour de Jésus se dévoile ; l'Amour de Jésus qui se donne jusqu'au bout, pour nous faire vivre, pour nous donner la vie, non pas en nous sauvant de la mort pour nous empêcher de la vivre, mais en nous sauvant dans la mort. Et c'est cela que nous entendons ; la résurrection de Lazare est en fait une revivification, c'est un rappel à la vie. Le signe est donné déjà que le Christ lui aussi mourra, mais c'est dans la mort qu'il entrera dans la vie. Parfois, nous nous disons qu'il y avait peut être un premier ressuscité avant Jésus . Non , la résurrection de Jésus, c'est une Pâque ,c'est une traversée, il entre dans la vie, il va vers la vie. Il va vers le stade définitif de nos vies ,une vie dans laquelle nous ne pouvons plus mourir, car nous sommes définitivement et éternellement tenus par l'Amour dont Dieu nous aime. S'il est vrai déjà que dans nos relations respectives, lorsque nous nous aimons les uns les autres, nous pouvons nous dire, « ton amour me fait vivre » « tu m'aimes, je vis », « aimes moi et je vivrai. » c'est vrai, nous le savons bien. Combien de personnes aujourd'hui sur terre, se disent, mais personne ne m'aime, pourquoi suis-je vivant ? Est-ce que je suis encore vivant, si personne ne m'aime ? L'amour humain fait déjà vivre. Ce pourrait il alors que l'Amour éternel de Dieu nous fasse vivre, mais s'il est un Amour éternel, d'une vie éternelle. Et l'Amour de Dieu est capable de nous réveiller de la mort. Car il nous faut entendre ce que Jésus dit au sujet de la mort de Lazare qui a prêté confusion auprès de ses disciples: Lazare s'est endormi et je vais aller le réveiller. Alors les autres pensaient qu'il dormait, oui, mais pour Jésus, la mort est un sommeil et dans la prière eucharistique que nous entendons à chaque messe, nous prions pour ceux qui se sont endormis dans la mort. Aucun de nous n'a le pouvoir de réveiller un mort. Seul l'Amour de Dieu le peut. Faites remonter à votre mémoire ce baiser du prince charmant à la belle au bois dormant. Et bien c'est exactement cela. Qui peut réveiller l'Amour de Dieu ? Il nous embrassera d'un Amour, il nous étreindra d'un Amour qui nous réveillera. Car la mort est impuissante face à l'Amour de Dieu. La mort peut tuer un vivant, peut faire cesser un vivant, mais la mort ne peut rien contre un Fils, un enfant de Dieu.
Pourquoi ? Parce que ce père éternel ne cesse de donner la vie à ses enfants. « Il dort et je vais aller le réveiller. » Il y a dans cette résurrection de Lazare, un signe prophétique de ce qui va advenir. Cela nous bouleverse forcément, mais c'est cela que l'Eglise annonce. L'humanité, toute entière est en peine de savoir : Où allons nous après la mort ? Qu'adviendra t-il ? Combien de réponses, existent à ces questions ? Chacun peut essayer de se formuler la sienne. L'Eglise, de génération en génération, puise à la lumière du Christ ressuscité, cette promesse merveilleuse que nous sommes appelés à la vie et que nous allons vers la vie. Il y a cependant une chose qu'il nous faut encore entendre dans cette Evangile ; c'est que Jésus exprime les choses d'abord sur Lazare qui est celui qui est sorti de la mort ; mais également à l'adresse de ces deux sœurs Marthe et Marie. Car au fond , ce que Jésus veut, c'est que alors que nous sommes encore vivant, que nous puissions reconnaitre en Lui, la puissance de Vie et d'Amour . « Crois tu, je suis la Résurrection et la Vie, le crois tu ? »Est-ce que les chrétiens qui ont reçu le baptême mesure que Jésus est la résurrection et la vie. Marthe, merveilleuse Marthe arrive péniblement à suivre Jésus. Oui, je le crois, je sais qu'il ressuscitera au dernier jour ; je suis la résurection et la vie. Et voilà, qu'il faut ouvrir le tombeau, elle dit mais arrêtes, Seigneur, ça sent, ce n'est pas possible. Ne t'ai-je pas dit que tu verras et le Christ nous le dit à chacun de nous : ne t'ai-je pas dit, mon enfant que tu verras la vie. Il nous est difficile de comprendre que Jésus n'a pas simplement un pouvoir, mais il est Celui en qui la vie éternelle est manifestée. Et c'est la raison pour laquelle il ne va pas craindre de mourir. Bien sur, lors de sa mort atroce il va être ultimement tenté de renoncer à ce chemin. Mais il sait qui lui donne la vie. Et nous ici, nous avons reçu la vie de nos parents : bénis soient ceux qui nous ont donné la vie. Et nous vivons sur une terre, dans un univers dont nous ne sommes absolument pas les auteurs. Et nous devons ensemble chercher l'auteur de cette œuvre, car il veut plus que nous créer et nous susciter l'existence, nous donner la vie, nous donner sa Vie. Car nous ne connaitrons vraiment Dieu que lorsque sa Vie sera en nous.
Marthe avance , quand Marie chute ; les deux sœurs disent les mêmes paroles : « si tu étais venu, mon frère ne serait pas mort ». Marie reste à un moment meurtrie, silencieuse dans sa peine, et bien , nous voyons Jésus pleurer. Ces pleurs sont les pleurs de Dieu. Comme nous sommes nous même touchés au fond du cœur, lorsque nous voyons des personnes qui ne parviennent pas à aller au-delà de l'espérance que nous voudrions leur donner. Vous est-il déjà arrivé de vouloir consoler quelqu'un et de ne pas pouvoir ? Alors cette espérance que nous voudrions donner comme cette impuissance que nous avons à la donner, fais que nous sommes captifs de la peine de ceux qui souffrent. Elle nous revient et Jésus est comme saisi par l'impossibilité qu'a Marie d'entendre. Alors pour elle, pour Marthe, pour Jean qui rédige; ils appellent Lazare, la puissance de ce souffle , de ce cri qui appelle Lazare dehors. On pourrait dire : la mort ne peut pas te retenir. Tu n'appartiens pas au tombeau. Tu appartiens à ma Parole.
Frères et sœurs, alors que l'humanité, siècle après siècle, année après année, génération après génération se reposent cette question : y a-t-il quelqu'un qui soit plus fort que le Mal et la Mort ? Devons nous , nous même essayer de la vaincre à force d'efforts, de génie ? Ne devons nous pas essayer de chercher Celui qui la vaincue, et Celui qui porte en Lui le pouvoir de la vaincre et de nous donner la Vie ? Celui dont l'Amour est infini ?b Chaque manifestation de la messe manifeste l'Amour de Dieu sans mesure. Il vient se donner à nous ce soir. Offrons lui nos cœurs, ouvrons toute grande les portes de notre cœur pour l'accueillir. Il nous aime ; il est passionnément amoureux de chacune de nos vies et veut répandre la sienne dans nos cœurs. Accueillons le et prions pour tout ceux qui aujourd'hui sur cette terre, ailleurs dans le monde au cœur de la nuit, cherchent la lumière de la vie. Puisses l'Eglise et puisses chacun de nous chrétiens leur rapporter ce témoignage heureux. Amen.

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