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Homélie du dimanche 9 février 2014, 5° du temps ordinaire

Homélie pour le 5ème dimanche
et le sacrements des malades
Is 58,7-10; Ps 111; 1Co2,1-5; Mt 5,13-16

.1. Frères et sœurs, chaque année, la date du 11 février invite tous les chrétiens à prier pour toutes les personnes malades. Le 11 février est la date anniversaire de l'apparition de Notre Dame de Lourdes à Bernadette. A Lourdes, nous irons ensemble, si vous le voulez bien pour la Pentecôte du 6 au 9 juin prochain. Ce sera l'occasion de vivre l'accueil de l'Esprit-Saint tous ensemble, l'occasion de nous confier à la Vierge Marie.
Dans quelques jours, donc, toute l'Eglise invitera les chrétiens à s'interroger une fois encore sur ce grand mystère qui nous touche tous qui est celui de notre vulnérabilité corporelle, celui de notre fragilité, celui que l'on peut appeler la corruptibilité du corps, car nos corps sont fragiles. Et même, au-delà de nos efforts fantastiques pour pouvoir prolonger nos corps, nous sommes tous voués à la mort. Cette réalité nous angoisse, et nous ne préférons ne pas y penser car nous ne savons plus quel sens y trouver, nous ne savons plus dès lors quel est le sens de notre vie car nous ne savons plus centrer notre regard sur cette réalité obscure qui s'appelle le « terme » de notre vie. Mais nos vies ne s'arrêtent pas avec la mort ! Nous sommes promis à la Vie ! Et le Christ ressuscité nous le dit. Ainsi donc si nous sommes ici, c'est parce que nous croyons que notre avenir est en Dieu et que notre vie se prolongera dans la mort même. S'il faut rappeler cela, c'est parce que parfois, les catholiques ne croient plus eux-mêmes à la résurrection. C'est audacieux de le croire à notre époque où la vérité se réduit à la matérialité, mais c'est bien ce qui nous rassemble en cette église. C'est le Christ ressuscité qui vient nous donner son corps pour vous dire que vos corps ont une destinée éternelle !
Voilà donc la question, quel est donc le rôle de notre corps ? Nous avons une intelligence, nous avons un esprit, nous sommes merveilleux, nous pensons ! Et justement, nous avons pensé que notre esprit était une « lumière » dans le monde. Les « Lumières » dans l'histoire ont laissé penser à l'humanité que l'effort de penser suffisait à affirmer notre triomphe. Mais l'effort des Lumières a laissé de coté cette belle réalité qu'est notre corps, que le Seigneur aime tant au point qu'il s'est vêtu de notre propre chair. Les Lumières ont laissé de coté la vulnérabilité de notre corps et la fin ultime. Dès lors, nous ne savons plus comment la réintégrer dans le cours de notre vie, elle qui nous permet de comprendre que la vie que nous avons reçue est un formidable cadeau.

.2. Aujourd'hui nous nous présentons devant le Seigneur, non pas avec ce que nous avons de formidable, mais avec ce que nous ne sommes plus capables de faire. Nous pensons que le Seigneur nous rejoint et nous aime parce que nous faisons des choses pour Lui, mais il ne nous aime pas moins lorsque nous n'y parvenons pas, il nous aime lorsque nous sommes capables de lui dire : « je ne peux pas, sauve moi. » Nous le faisons dans la confession, lorsque nous allons humblement livrer nos péchés. Mais nous le faisons lorsque constatant que les forces nous quittent parce que le temps passe, constatant que la maladie nous tient et que en dépit des traitements, les forces nous quittent, alors nous revenons au Seigneur et nous lui disons : « je t'appartiens, mon corps est à toi. »
Ayons l'audace aujourd'hui tous ensemble, quel que soit notre état de santé, de poser cet acte de foi sur notre corps, car au cœur de la foi catholique se trouve bien la promesse de la résurrection des corps. Et le Seigneur nous donne son corps ressuscité dans la communion pour nourrir nos corps, c'est-à-dire pour que nous concevions dans notre vie de foi que cette nourriture qui vient renouveler nos corps dans la foi, est le gage de la promesse de la résurrection.
Alors l'horizon de nos vies s'élargit, la gloire du Seigneur se dira dans le corps, la gloire du Seigneur apparait dans le Christ transfiguré et dans le Christ ressuscité. N'ayons plus peur ! Mais ayons simplement foi dans ce que le Seigneur veut accomplir pour chacun de nous. Lorsque je lis ce passage de l'Evangile avec vous : « Que votre lumière brille devant les hommes, alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux Cieux », je vois devant vous tous, Marguerite-Marie, Odile, Françoise, Jean-François, Jeanne-Marie et Bernadette, vont recevoir le sacrement des malades. C'est-à-dire qu'ils vont laisser briller devant vous la lumière de leur foi qui consiste simplement à se laisser rejoindre par le Christ, qui avec l'huile des malades va venir leur rendre cette force intérieure pour qu'ils demeurent livrés continuellement à l'action du Seigneur en eux.

.3. Car vous le savez tous et nous le constatons dans notre société, le grand défi de la foi en Dieu est précisément le défi de la confiance humaine : « si Dieu était si bon, il ne permettrait pas que nous souffrions de la sorte » ;et précisément pour que nous ne nous détachions pas de Lui, pour que soit tûe la révolte aussi souvent que nous sentons qu'un mal nous tient et que la vie nous échappe, nous sommes les premiers à nous tourner vers Dieu en disant « pourquoi ? » et à Lui tourner le dos. Mais, précisément, la grâce du Seigneur, c'est que vous soyez livrés au Seigneur, pour vous et pour nous tous, pour sauvegarder à la face du monde la certitude que ce n'est pas l'homme qui a le dernier mot sur la vie des hommes, mais que c'est Dieu, car chacune de nos vies lui appartient et qu'il a formé le projet bienheureux de nous réveiller de la mort et de nous donner la Vie dans la mort. Cette Vie que nous ne connaissons pas car elle n'est pas notre œuvre mais la sienne car elle est l'œuvre de son Amour pour chacun de nous. Nous l'avons chanté en entrant : « Livrez vous à l'emprise du Dieu vivant. » Ayons cette audace, ensemble aujourd'hui. Que le Seigneur vous bénisse. Amen.

P. Laurent Stalla-Bourdillon
Basilique Sainte Clotilde
9 février 2014

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