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Homélie du samedi 13 mai, centenaire des apparitions à Fatima

Frères et sœurs,

Peut-être êtes-vous de ceux qui avez eu l’occasion de voir quelques images de la belle célébration qui a eu lieu ce matin à Fatima ? Le pape François a canonisé les deux petits voyants Jacinta et Francisco. Ils ont eu tous les deux une vie toute brève. Je voudrais avec vous ce soir, méditer sur ce que les apparitions de Fatima -et les apparitions en général- nous apprennent. Alors, peut-être avez-vous aussi entendu à la radio des journalistes rapporter que le pape François était à Fatima. Il fallait bien dire pourquoi il y était, et un certain nombre d’entre vous étaient surpris d’entendre des journalistes dire « il y a eu des apparitions « supposées » de la Vierge ». Je pense qu’il est trop demandé à des journalistes de nous dire que la Vierge est apparue, cela sous-entendrait qu’ils le tiennent pour véritable eux-mêmes.

Alors, la première chose que je voudrais vous dire, c’est qu’une apparition de la Vierge est comme l’irruption dans notre monde et dans notre temps d’une réalité à laquelle nous n’avons pas accès habituellement. Et parce que nous n’avons pas accès à cette réalité, alors nous disons que cela n’existe pas. Il faudrait, pour pouvoir le dire de façon absolument certaine, que nous avons, nous, la connaissance de tout ce qui existe. Or, nous ne l’avons pas. Et il nous faut donc beaucoup d’humilité pour comprendre le don que Dieu nous fait - par cette réalité d’ordre spirituel - lorsqu’un certain nombre de personnes choisies peuvent voir et en témoigner pour les autres. Il s’agit des trois voyants, des trois bergers ; il s’agira à Lourdes de la petite Bernadette. Tout cela pour dire qu’il y a un monde qui nous enveloppe, qui nous entoure, un monde bien réel, le monde des vivants, le monde de la grâce de Dieu pour lequel nous sommes faits. Un petit enfant dans le sein de sa mère ne peut pas se figurer le monde qui se trouve de l’autre côté, dont il entend pourtant souvent les bruits.

Il en est de même pour nous : nous ne sommes ici que pour un temps, et nous allons naître, tous, à la grâce de Dieu, à la vie en plénitude pour laquelle nous sommes faits. Et la Vierge Marie intervient pour nous y préparer, pour nous le rappeler. Car, nous n’avons pas de peine à comprendre que l’humanité est en train de s’endormir spirituellement, en tout cas la nôtre, celle de notre société, car elle ne vit plus pour un monde de plénitude, de rencontre avec Dieu, d’amour et de paix. Elle désire toujours la paix, car tout homme porte en lui le désir de l’éternité et de la paix, mais elle n’en connaît plus les chemins et en ignore les moyens. Alors aujourd’hui, l’humanité vit pour ce temps seulement, essayant de repousser les frontières de la mort. Ainsi donc, une apparition de la Vierge Marie est un acte prophétique. Un acte prophétique, c’est le témoignage de la vérité, - de l’absolue vérité de ce qui est - qui frappe à la porte de notre cœur pour que nous puissions l’entendre.

La deuxième chose que nous pourrons méditer, c’est que - et nous l’avons entendu dans l’évangile - la Vierge Marie veut que nous comprenions ce que Jésus est venu enseigner. Il est venu nous apprendre qui est notre Père et où se trouve la source de la vie. Saint-Paul dit : « Vous avez reçu en vous l’Esprit de Dieu qui vous permet de dire « Abba », « Père ». S’il y a une chose à accomplir dans nos vies, c’est apprendre à prononcer ce mot « Père ». Il pourrait sembler que ce n’est pas très compliqué et que tout le monde peut le répéter : Père. Mais il faut le dire du plus profond de son être. Et pour pouvoir le dire du plus profond de son être, alors il faut recevoir en nous celui qui peut le prononcer, c’est-à-dire celui qui est le Fils du Père. Car seul le Fils connaît le Père, et seul le Fils nous conduit vers le Père. « Nul ne va au Père sans passer par moi » dit Jésus.

Ainsi Marie nous donne Jésus. Nous avons un Père qui nous aime dans le ciel. Et comme nous avons du mal à le tenir, alors il nous envoie ce Fils, sa mère. Et le pape François ce matin n’a fait que répéter, répéter : « Nous avons une mère ! Nous avons une mère ! » Nous avons une mère qui peut nous conduire à la vie. Car que veut une mère, sinon que son enfant vive ? Elle sait où est la vie. Et la vie, nous la trouvons à mesure que nous entrons dans le don de nous-mêmes. « Voulez-vous bien vous offrir en réparation pour les péchés, pour les pécheurs ? » demanda la Vierge de Fatima au trois jeunes pastoureaux. Offrez-vous, et vous commencerez à vivre ! Faire de notre vie un don pour les autres, voilà ce qu’est le Fils, voilà ce que nous avons à devenir ! N’ayez pas peur de savoir si votre vie vous sera retirée un jour, elle le sera ! Car une vie meilleure et plus grande encore vous est promise.
Alors, et ce sera le troisième point, nous voyons que Jacinta et Francisco ont quitté ce monde, alors qu’ils étaient des enfants. Quelques années après les apparitions, la maladie les a emportés. La vision de la Vierge Marie ne les a pas rendus invulnérables. Là n’est pas la question. La question est de savoir si notre cœur est vraiment fait, est prêt pour pouvoir respirer de l’amour de Dieu. C’est la seule chose qui compte ! Autrement dit : entre la révélation qui nous vient par Marie dans les apparitions, la révélation du monde bienheureux et le moyen d’y parvenir en devenant enfant de Dieu, nous entendons ce que nous avons à retenir. C’est assez simple.

Au fond, peut-être que tout le monde le sait : « il y a une éternité, il faut y entrer ». Oui, mais comment ? Et il ne faut jamais perdre de vue que le ciel nous attend, et que la Vierge Marie que vous voyez, que nous voyons ensemble devant nous, Notre Dame de Fatima, couronnée de la gloire de Dieu, intercède pour nous. Elle nous y attire, elle nous y appelle. N’ayez pas peur, n’ayons pas peur de dire que nous sommes vivants pour naître à la vie de Dieu. Peut-être que certains de nos contemporains riront, diront qu’ils ne partagent pas cette conviction – ils en ont tout à fait le droit. Mais nous leur faisons grand bien en leur ouvrant un horizon nouveau, un horizon qu’ils ne soupçonnent pas, mais qu’ils pourront, à l’heure que Dieu sait, accueillir dans la profondeur de leur cœur. « Mon cœur immaculé sera ton refuge, et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu », a dit la Vierge Marie lors de l’apparition du 13 juin 1917. « Mon cœur immaculé sera ton refuge, et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

Ce soir, heureux sommes-nous de pouvoir honorer Notre Dame de Fatima tous ensemble, et de nous tourner vers son cœur immaculé, de nous remettre à elle, et comme nous le disions dans la procession de pouvoir redire avec Jean-Paul II qui intercède pour nous : « Tout à toi, Marie. » Amen. 

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