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Homélie du dimanche 21 mai 2017, 6ème dimanche de Pâques

Première Communion des enfants de l'école Sainte-Clotilde et du Repère don Bosco.

Chers enfants,

Ce fut une joie de vivre cette préparation à la Première communion avec vous les mercredis matins en nous retrouvant à l’école Sainte-Clotilde ou à la paroisse avec le Père Edouard.

Je voudrais m’adresser plus particulièrement à vous, chers parents, qui accompagnez aujourd’hui vos enfants en cette basilique. Commençons par nous dire, si vous le voulez bien, que l’avenir de notre société est là devant nous. Il est sans doute plus fréquent de dire cela devant une classe ou dans une cour d’école, mais en vérité, l’avenir heureux de notre société est là devant nous. En effet, les enfants viennent ici à l’église recevoir un don, un don qui leur est fait et un don qui leur est nécessaire. Et ce don est le gage d’un société heureuse.

J’aimerais, pour commencer, m’interroger avec vous sur la signification de ce qu’ils viennent recevoir. Car après tout, la chose n’est pas évidente pour tout le monde. Qu’y trouvent-ils donc ? Qu’est-ce que les chrétiens trouvent tandis qu’ils viennent à l’église dimanche après dimanche ? L’impossibilité que nous comprenions mieux ce qui se joue dans la messe vient de ce que nous la réduisons au seul rite. Ce rite que nous pratiquons et que nous ne parvenons pas à bien comprendre, nous n’accédons pas la signification du rite lui-même. Le rite est un signe, et ce signe nous entraîne vers une réalité qui n’est pas immédiatement perceptible.

Avant donc de répondre à la question « que trouvent ce matin vos enfants dans leur Première communion ? », permettez moi, chers parents, de vous féliciter, de vous féliciter d’avoir conduits vos enfants jusqu’à ce jour de leur vie. Déjà au baptême, vous avez poussé la porte de l’Eglise, et vous les avez déjà présentés au Père, pour qu’ils soient aimés du Père dans le Christ. Et aujourd’hui, vous les accompagnez encore, pour qu’ils puissent se nourrir du Christ lui-même. Quoi d’extraordinaire ? Mais, chers parents, vous savez conduire vos enfants en urgence à l’hôpital, dès l’instant où ils sont malades ou blessés. Et nous-mêmes, nous ne saurions pas les conduire aussi vite vers le lieu de la certitude de l’amour, de l’amour pour eux, de l’amour du Seigneur Jésus qui guérit nos cœurs lorsque le cœur est blessé ? Une église a ses portes ouvertes parce que c’est le lieu où en toutes circonstances l’urgence de l’amour nous appelle lorsque nous avons besoin de reprendre confiance dans l’amour. Que personne donc ne s’imagine que la communion ait un sens si elle n’est d’abord la volonté de renaître à l’amour en allant au devant de Celui qui est l’amour, qui est Jésus, celui en qui nous trouvons la source de toute guérison, guérison de la vie, de l’âme. 


Et c’est pourquoi il me faut un instant vous dire un mot sur la vie spirituelle, la vie spirituelle des enfants. La sainteté n’attend pas les années. Et à mesure que les années passent et qu’il m’est donné de préparer des enfants à la Première communion, je vois bien la vérité de leur vie spirituelle. La vie spirituelle est une chose bien réelle dans nos vies, même si notre époque n’y porte pas une très grande attention. La perte du sens de la vie spirituelle accélère la perte du sens de la vie tout court. Oui, les rites que nous allons célébrer dans un instant sont la réponse à la soif d’amour qui se trouve dans le cœur de vos enfants. C’est pourquoi je vous dis, chers parents, félicitations pour tout ce que vous leur avez déjà donné, mais continuez à les aimer, à les aimer, à les aimer ! Et conduisez-les à la source de l’amour ! Conduisez-les à Celui qui console les peines, à celui qui les aime afin qu’ils parviennent à leur tour à aimer comme lui.

Qui trouvent-ils donc dans cette Première communion ? Ils y trouvent trois choses que je vous propose de retenir. La première est celle de l’unité, l’unité de l’humanité. Ils vont communier pour la première fois ensemble. Ils n’appartiennent pas à la même famille, et cependant ils vivent quelque chose ensemble ce qui nous montre qu’ils appartiennent malgré tout à une famille. C’est assez extraordinaire de se dire que j’ai fait ma Première communion avec un ami ou une amie de ma classe. Il y a la possibilité dans la communion de comprendre que nous sommes aimés tous ensemble par un même amour, parce que nous appartenons d’abord à une même et unique famille humaine. Ils viennent ainsi se laisser aimer pour pouvoir aimer et se retenir de n’exclure jamais personne, mais pour puiser l’amour et la force d’aimer et d’annoncer l’amour à leur tour en aimant ceux qu’ils rencontreront.

Après l’unité, la deuxième chose qu’ils viennent recevoir c’est la force du don. Car ils doivent devenir ce qu’ils reçoivent : un don. Ils reçoivent un don, mais ce n’est pas quelque chose qu’on leur donne. C’est quelqu’un qui se donne à eux. C’est quelqu’un qui les aime et qui, en se donnant à eux, les invite à faire d’eux-mêmes un don pour les autres. Ainsi, on ne communie pas d’abord pour soi-même. On communie pour permettre aux autres de recevoir de moi ce qu’ils ont le droit d’attendre de moi. Car il y a en moi une source d’amour qui est une source d’amour pour eux. Ainsi faut-il qu’ils puisent dans leur communion la force de se donner eux-mêmes. Où trouver la force de dépasser ce que nous voyons de l’autre ? Nous sommes si souvent arrêtés par ce que nous voyons les uns des autres, par nos limites bien-sûr. Comment les dépasser ? En vérité, l’être humain n’est vivant de sa vie spirituelle que s’il sait voir dans l’autre sa plus grande richesse. Sans l’autre, ce monde est un ennui mortel, contrairement à l’idée reçue. Ce monde ne sera pas meilleur si les autres ne sont pas là, car ils sont là pour me faire vivre, pour m’apprendre à aimer. L’homme n’est vivant que si, au lieu de s’enrichir du monde aux dépens des autres, il sait trouver sa richesse dans la présence des autres.

Enfin, et ce sera la troisième réalité qu’ils reçoivent, ils reçoivent la vie éternelle. Ils reçoivent l’étape définitive de leur corps ressuscité qui vient du Christ ressuscité, celui qui est entré dans la dernière étape de sa vie dans laquelle nous ne sommes pas encore entrés, mais dans laquelle nous entrerons un jour. Et en le recevant lui, le Ressuscité, c’est notre vie de ressuscité que nous recevons à cet instant. Car il ne faut pas croire qu’un chrétien vive en devant se préparer à mourir – laissez cela à ceux qui n’ont pas d’horizon au-delà du temps. Un chrétien vit pour se préparer à vivre, nous passons de la vie à la vie ! Et c’est le Seigneur Jésus qui va ainsi leur permettre de s’ouvrir à ce qui les dépasse, à ce qui nous dépasse tous, pour vaincre cette irrésistible tentation de concevoir l’impossibilité de la chose qu’il y ait autre chose dans la vie - que nous avons reçue dans le temps - qu’une merveilleuse promesse de vie, d’amour éternel. C’est donc la plénitude de leur vie, de leur vie entière qu’ils recevront dans un instant.

Ainsi, si vous aidez vos enfants à comprendre ce qui est en jeu lorsque les chrétiens se réunissent à l’église, vous les aidez à comprendre que le Christ devient pour chacun de nous une source d’inspiration pour préférer en tout l’unité à la division, pour faire de soi un don aux autres, et pour voir grand sur les horizons de nos vies. Alors oui, vous comprendrez que ce ne sont pas vos enfants qui grandissent dans l’Eglise, mais que c’est l’Eglise elle-même qui grandit dans vos enfants pour qu’ils soient eux-mêmes dans le monde et dans notre société une lumière pour elle. Je vous l’ai dit : l’avenir heureux de notre société est là, parce que le cœur de vos enfants est ouvert et qu’ils peuvent recevoir ce que Dieu veut leur donner. N’ayons donc pas peur d’annoncer Jésus vivant, ressuscité, source d’amour infini pour chacun et chacune d’entre nous. Faisons-nous la grâce dans un instant de silence, en nous laissant porter par la musique, de nous préparer à recevoir, recevoir Celui qui nous aime, Celui qui vous aime, qui aime vos vies parce qu’il en connaît la finalité, parce qu’il en connaît la beauté et qu’il veut vous la faire connaître pour votre joie. Amen.

Père Laurent Stalla-Bourdillon

Dimanche 21 mai 2017

Basilique Sainte Clotilde

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