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Homélie du dimanche 14 mai 2017, 5° dimanche de Pâques

Pour un baptême

Frères et sœurs,

L’occasion nous est offerte de méditer ensemble un moment sur la signification de nos vies. L’occasion, c’est le baptême de la petite Céleste. Qu’est-ce que la vie ? Cette question est trop importante, trop massive peut-être, pour que, dans le cours de nos jours, nous puissions vraiment nous y arrêter et essayer de l’entendre, d’en comprendre la portée. Cette petite fille aura besoin de répondre à cette question pour que sa vie puisse avoir une saveur, la plus belle des saveurs. En s’efforçant de répondre à cette question, elle pourra goûter la signification du don de la vie qu’elle a reçue de ses parents, un don qui dépasse de beaucoup la conscience qu’ils en ont eux-mêmes, comme tous les parents n’ont pas pleinement conscience de ce que signifie le fait de donner la vie à un enfant. Alors oui, cette petite fille a commencé son chemin dans la vie en grandissant neuf mois dans le sein maternel. Elle a développé un petit corps, dans ce corps, elle a formé des petits poumons, ces poumons n’ont pas servi jusqu’à l’heure de sa naissance. Il fallait qu’elle devienne viable en ce monde, qu’elle puisse respirer par elle-même. Ainsi donc elle a vécu une première étape de sa vie dans le secret du corps de sa mère. Et elle est là aujourd’hui.

Mais que font ses parents ? Ils franchissent la porte de l’église, et ils font entrer Céleste dans un espace nouveau. Elle passe du sein maternel au monde des hommes. Mais ses parents la poussent du monde des hommes vers le monde de Dieu. Et ils ont franchi la porte de la basilique, et ils sont entrés. Et ils sont arrivés jusqu’à cet espace où, jusqu’avant le Concile Vatican II, il y avait une barrière, une barrière qui distinguait un espace d’un autre. Et ils la poussent dans cet autre espace. Céleste a rencontré un prêtre, un homme pris parmi les hommes pour être au service des hommes, hommes et femmes. Et ce prêtre - qui est revêtu d’habits que l’on ne trouve pas dans le monde des hommes, mais dont les ornements sont les signes d’une présence de Dieu au monde - va introduire Céleste dans un lieu nouveau, inattendu, qui, jusqu’à la passion du Christ, était symbolisé dans le Temple de Jérusalem par le Saint des Saints, dans lequel pénétrait que le Grand prêtre.

Donc, nous allons ensemble introduire Céleste dans un espace nouveau ou plus exactement, nous allons permettre au Grand-Prêtre de réaliser en Céleste cette disposition de l’offrande d’elle-même, comme elle se trouve dans chaque être humain ; cette disposition intérieure est la capacité d’une offrande de soi. Car il ne suffit pas que nous ayons un corps pour vivre. Il faut encore que nous comprenions quelle est la vie spirituelle qui nous anime et qui fait de nous qu’un être humain est humain et qui se prépare à la vie de Dieu. La plupart de nos contemporains réduisent la vie à ce que nous en voyons, à notre biologie, à notre organicité. Mais il y a en nous une aspiration extraordinaire, il a y en nous une capacité d’offrande. Le prêtre est là pour rappeler à tout homme que tout vient de Dieu et que tout revient à Dieu. C’est pourquoi nous rendons grâce ensemble. 
Mais il faut encore que chacun de nous apprenne à faire de soi-même un don pour les autres. Et c’est cela que le Christ vient réveiller en chacun de nous, « ressusciter » littéralement en chacun de nous : faire de nous un don pour les autres, une capacité d’offrande de nous-mêmes. Voilà ce vers quoi va cheminer Céleste tout au long de sa vie. C’est pourquoi l’autel qui est devant nous, figure pour nous le Christ qui a révélé ce qu’est l’être humain, l’homme jusqu’au bout dans sa plénitude, une attestation dans le monde de la présence de Dieu qui est don total par amour, par amour.

Céleste s’éveille ainsi dans l’amour de ses parents à ce qui est la véritable palpitation de la vie : l’amour qui donne et qui fait se donner. C’est cela que nous allons demander pour elle. C’est cela que nous allons vivre, célébrer sacramentellement lorsque, dans un instant, je vais la marquer avec l’onction du saint Chrême.

C’est le Christ Jésus lui-même, l’unique Grand Prêtre qui vient recréer en tous les hommes cette capacité d’offrande d’eux-mêmes pour notre joie, pour la joie de Dieu. C’est à cette condition que nous sommes vraiment vivants. Nous en mesurons, et j’en mesure avec vous toutes les résistances, toutes les multiples tentations de nous dire que « mais non, mais non, la vie ne correspond pas à ce que le père Laurent nous a dit ce matin ». « Mais je ne vous le dis pas de moi-même », comme dit Jésus. Je le dis parce que c’est le Père qui fait ces œuvres en Jésus, et que Jésus a voulu nous montrer quelles étaient les œuvres du Père. Nul ne va au Père sans passer par Jésus. Or, que fait Jésus ? Il se donne.

Nous avons besoin d’une aide pour pouvoir le vivre. Nous avons besoin de le vivre ensemble, et de nous le redire constamment. Et nous avons besoin de cette aide qu’est la Vierge Marie que nous allons invoquer toute à l’heure avant de terminer notre célébration. Car, elle est celle qui sans cesse nous apprend à accueillir l’Esprit-Saint. C’est Lui qui forme en nous l’amour dont Dieu nous aime. C’est Lui qui nous permet de concevoir ce qui ne revèle pas de notre seule raison. Marie nous conduit à son Fils, nous donne son Fils pour que grandisse en nous l’enfant de Dieu que nous sommes, pour notre joie, pour la joie du monde. Amen. 

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