Rentrer pour de bon

Étrange rentrée dans une période étrange : les rues sont pleines de masques et les bureaux, vidés pour un temps de leurs occupants, ne se remplissent que comme à regret, certains préférant différer leur retour des terres hospitalières d’où ils rêvent de pouvoir encore longtemps s’adonner au confort du télétravail, d’autant que leurs entreprises les y encouragent parfois. Pourtant, il faudra bien retrouver tôt ou tard - et mieux vaudrait tôt que tard – un régime normal de vie laborieuse et civile à visage découvert : l’homme n’est pas fait pour l’isolement en compagnie des écrans !

Nous ne saurions en tout cas trop souhaiter que s’emplisse à nouveau comme d’habitude la belle Basilique où nous rassemble l’Eucharistie, fût-ce encore pour quelques temps dans les conditions contraintes que requiert la situation sanitaire. Rien ne saurait remplacer ce repas dominical où la famille de Dieu se nourrit de la Parole et du Pain dans la prière commune et la mémoire du sacrifice pascal de Jésus Christ. Ceux qui en sont réellement empêchés ne sont pas oubliés dans le cœur de ceux qui ont le bonheur d’y participer, et qui les y font participer par l’intercession et la communion qui leur est apportée.



Rentrer pour de bon, c’est aussi le mot d’ordre que nous pourrions adopter pour l’écoute de la Parole, justement. Le risque de se contenter de la vague mémoire des textes qui flotte dans l’esprit des fidèles accoutumés est à prendre au sérieux, comme celui de se satisfaire des rencontres "électroniques" qui ne sauraient remplacer la véritable mise en présence des corps, c’est-à-dire des personnes intégrales. Offrons-nous à saisir par la nouveauté inusable de l’Évangile, prête à ranimer à chaque fois le cœur qui se laisse reconquérir par la Parole.

"Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit…" dit le Seigneur aujourd’hui : quand et où faisons-nous vraiment l’effort de nous mettre d’accord pour formuler une prière qui soit vraiment la nôtre et que nous osions présenter comme telle à notre Père ? ne nous contentons pas de regarder passer l’actualité parce que nous n’avons aucune prise immédiate sur elle : nous pouvons toujours la commenter sérieusement à plusieurs et demander l’Esprit pour en tirer ensemble la supplication qu’elle appelle.
Père Marc Lambret



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