En tout nous rendons grâce

S’il n’y avait pas de problème, à quoi donc servirais-je ? Cette question, toute personne réellement "responsable", c’est-à-dire appelée à répondre de la façon dont elle s’est acquittée d’une charge, est amenée à se la poser pour se réconforter dans les moments difficiles. Quand vous n’avez pas seulement l’obligation de moyens mais aussi celle de résultats, et que la situation semble inextricable, il ne vous reste qu’à vous en sortir au mieux, ou du moins à éviter le pire, quitte à devoir assumer peut-être l’échec en fin de compte.

La diminution progressive mais inexorable du nombre des prêtres en état de porter une mission pastorale, dans notre pays comme dans bien d’autres, et même à Paris contrairement à ce que beaucoup s’imaginent encore, se fait sentir de plus en plus douloureusement. Il y a longtemps que les évêques se préoccupent d’y faire face, mais personne n’ayant trouvé de panacée en la matière, ils doivent se résoudre à laisser des lieux et des mouvements en souffrance, tout en s’efforçant de maintenir, et même de développer, le dynamisme évangélique de l’Église.



À Sainte-Clotilde, il nous faut accepter de voir le Père Édouard Dacre-Wright partir pour une nouvelle mission sans qu’un successeur nous soit donné comme vicaire à sa place. Quant au Père Antoine Guggenheim, nous sommes heureux qu’il devienne curé ailleurs, non sans déplorer le vide qu’il laissera parmi nous. Pourtant, nous aurions mauvaise grâce à nous plaindre, puisque nous recevons deux prêtres qui apporteront beaucoup à notre paroisse et que, par ailleurs, nous aurons la joie de l’ordination de l’un d’entre nous comme diacre permanent.

La mission, aujourd’hui comme hier, est passionnante dans tous les sens du terme. Elle nous remplit d’enthousiasme et de joie puisque nous avons été choisis pour servir avec le Serviteur du Père, mais elle nous réserve aussi toutes sortes d’épreuves, ce que le Seigneur n’a pas caché à ses Apôtres. Non seulement le ministère en son nom nous rend heureux jusque dans les douleurs, mais encore nous retenons précieusement sa promesse : "Qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera." Ainsi quand ce qui est donné semble perdu, croyons bien que cela aussi, cela surtout, est sauvé par celui qui a donné sa vie sur une croix.

Père Marc Lambret



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