Parler de "guerre" au sujet de la crise actuelle a paru excessif à certains, ou déplacé. Mais si l’on en revient au sens premier du mot, évoquant désordre, confusion et querelle, alors le terme semble assez approprié. Depuis le début, les déclarations les plus contradictoires se sont succédé, chez les commentateurs et les politistes aussi bien que dans la communication d’État. Sans parler des "experts" dont on retiendra que leurs connaissances et leur science, pour admirables et nécessaires qu’elles soient, n’en demeurent pas moins grevées de beaucoup d’incertitudes, d’approximations et même de prétentions. Dans l’Église non plus, malgré les efforts des uns et des autres, force est de reconnaître que nous n’avons pas évité une certaine cacophonie.

À vrai dire, ce régime de controverses agitées tournant parfois au pugilat et à la rixe, nous le connaissons bien, nous chrétiens, depuis l’origine, s’agissant de la doctrine de la foi. Rappelons simplement que la Congrégation romaine qui porte ce nom s’est appelée longtemps l’Inquisition, et que les conciles œcuméniques du 4ème et du 5ème siècle, au fondement de la christologie systématique, ont donné lieu à de véritables empoignades entre Pères, non sans horions ni noms d’oiseaux. Et les questions des Apôtres que nous entendons dans l’évangile de Jean aujourd’hui témoignent de leur perplexité dès les débuts de l’Église.

Au sein de cette histoire de bruit et de fureur qui est le lot de notre humanité, et dont nous ne voyons pas la fin en dépit de certaines théories typiques de l’ébriété qui guette toujours les "experts", il n’est pas étonnant que celle de l’Église soit aussi tumultueuse et polémique. Car le combat spirituel est une vraie guerre métaphysique entre la vérité et le bien, d’une part, et le malin avec ses pompes et ses œuvres, de l’autre. Or, l’acte de foi, prononcé par tous et par chacun, est la fulgurance de l’Esprit Saint comme un glaive au cœur de la mêlée. Nous ne sommes pas au bout de nos peines, ni pour la pandémie, ni pour la lutte de la Lumière et des ténèbres. Mais nous croyons que le Christ a vaincu, et qu’il vit à jamais.
Père Marc Lambret

Contact express