Dieu agit sans perdre un instant

Si Dieu paraît agir toujours au dernier moment, cela signifie-t-il qu’il nous  laisse durer dans l’angoisse jusqu’à ce que tout semble perdu, afin peut- être de mieux se manifester comme le seul capable de sauver ? Cette affreuse idée risque en effet parfois de nous venir, sous la pression de l’épreuve et des suggestions du Tentateur. C’est pourquoi Jésus dit : "Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice." Cette parole vient de l’évangile de Luc, à la fin de la parabole de la veuve importune. Mais elle est vraie tout le temps et partout, comme l’évangéliste Matthieu nous en donne l’exemple dans l’épisode de la visite des deux Marie au tombeau du Christ.

Si Dieu vient au secours des siens "bien vite", comment en effet cela ne serait-il pas le cas pour son propre Fils éternel et bien-aimé ? Dans l’évangile de la Nuit de Pâques de cette année A, les saintes femmes accourent au tombeau "après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine", autrement dit, le soir du Samedi saint, à l’instant où l’apparition des premières étoiles signifie la fin du repos prescrit. Or, elles arrivent pour assister en direct, sinon à l’événement de la résurrection du Seigneur, du moins à ses effets immédiats dans notre réalité : un grand tremblement de terre et la descente comme l’éclair de l’ange venu rouler la pierre du tombeau.

Si Dieu tient ainsi au plus vite en faveur de son Fils sa promesse du Psaume 15 (16), "Tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption", c’est afin de faire aussi miséricorde à tous ses enfants avec la même promptitude. Comprenons donc que Dieu vient vraiment toujours à notre secours "aussitôt que possible", même si ce "possible" reste et restera pour nous un profond mystère jusqu’à la venue du Christ en gloire. Lui-même n’a-t-il pas dit à la veille de sa passion, "Père s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi" ? Mais s’il est passé par la mort, c’était afin d’ouvrir à tous les mortels, par sa résurrection, le chemin de la vie éternelle. Nous en faisons l’expérience sans attendre, nous qui croyons à l’amour vainqueur du Seigneur.
Père Marc Lambret



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