Dieu agit au dernier moment

Est-ce seulement notre goût pour le suspense et les coups de théâtre qui nous le fait penser ? En tout cas, l’Écriture témoigne que cela arrive en des occasions des plus remarquables. Notamment, comme nous en ferons mémoire dans la veillée pascale, Dieu arrête le bras d’Abraham déjà levé pour égorger son fils Isaac et il ouvre la mer en deux devant Israël sur le point d’être rejoint par l’ennemi égyptien.

Par contraste, comment ne pas s’étonner toujours à nouveau de ce que rien ne vienne arrêter la passion du Christ, qui va jusqu’à sa mort et sa mise au tombeau ? Nous sommes renvoyés à la résurrection pour comprendre que le dernier moment où Dieu interviendra viendra après le moment qui nous semble dernier. Dieu, en effet, "n’abandonnera pas son ami à la mort ni ne le laissera voir la corruption".

Le temps où Dieu agit pour notre salut est toujours dernier, que nous le tenions pour tel ou non, qu’il nous apparaisse comme prématuré ou dépassé. En effet, depuis le commencement, le Créateur a voulu mener sa créature à une perfection qu’elle ne pouvait espérer : la sienne propre de Dieu Tout-puissant et trois fois Saint, Amour infini en lui-même et pour toutes ses œuvres. Le Fils vient accomplir ce dessein.

La réalité du mal emplit parfois tout notre champ de conscience au point d’y effacer la mémoire de ce « plan de Dieu » qui était premier et n’a jamais été aboli. L’acclamation des Rameaux est au moins déjà le signe que vient celui qui la réveille. Il faudra passer par Pâques. Alors naîtra la foi parfaite en celui qui fut crucifié pour que la mort, qui semble avoir toujours le dernier mot, soit le dernier ennemi vaincu.

Car le Vainqueur au dernier Jour et pour toujours est celui qui se nomme l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin, celui à qui l’Esprit et l’Épouse disent : « Viens ! » Viens, Seigneur Jésus !
Père Marc Lambret


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