Tout devient bon et beau

Touchées de rose et de doré par l’aurore, les façades s’éclairent. L’eau sombre de la Seine devient fleuve d’or aux derniers feux du jour. Quand la lumière s’y met, la beauté des êtres se révèle ou s’éveille. Quelques grains de sel avec un soupçon de ceci et une pincée de cela magnifient le mets qui n’aurait sinon ni saveur ni relief. Ainsi dans la grâce de l’Évangile le beau et le bon sont tout un, comme lorsqu’amour et vérité se rencontrent et que justice et paix s’embrassent.

"Autrefois vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ; vivez en enfants de lumière" dit l’Apôtre (Éph 5,8) suivant ainsi la parole de Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui. Nous ne sommes pas nous-mêmes l’origine de la lumière qui vient dissiper l’obscurité de nos péchés. Mais en nous sanctifiant, elle fait de nous des sources de ce que nous avons reçu. "Celui qui croit en moi, dit le Seigneur, de son cœur couleront des fleuves d’eau vive".



Le sel signifie la sagesse, celle qui, comme la vertu, se tient ferme au milieu des périls et tentations : être miséricordieux sans entrer en complaisance au mal ; relativiser ce qui est au monde au regard de l’attente du règne à venir, sans en fuir les joies et les responsabilités ; tenir haut la Révélation qui dit le vrai de la vie et de toute chose, sans méconnaître les semences du Verbes en toutes cultures. Ainsi nous portons dignement dans l’humilité les trésors de foi, d’espérance et de charité.

En nous voyant "beaux et bons" de cœur et d’actions - ce qui ne se peut que d’un regard éclairé par la grâce ! -, les hommes comprennent que c’est en vertu d’un don que nous tenons d’En-Haut. Alors ils savent nous en demander autant et ne sont pas déçus, car ce qui nous est donné pour nous transfigurer, nous l’est aussi afin que nous puissions le partager.

Père Marc Lambret



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