Libérée, délivrée

Rares sont les mortels, semble-t-il, à ne pas avoir entendu cette clameur, mais comment ignorer qu’elle fut poussée dans toutes les cours d’école jusqu’à plus soif ? La mondialisation de la "culture" laisse songeur. Une formidable industrie audio-visuelle recherche inlassablement de nouvelles mines de revenus dans toutes les traditions, mais force est de constater qu’elle en trouve les recettes souvent dans des thèmes à la fois universels et empreints de réminiscences bibliques. Ici, en particulier, dans un monde libéral où tout semble permis, il semble que l’aspiration à une certaine délivrance soit encore ardente dans les cœurs des enfants comme des grands.

Aujourd’hui, le Baptiste désigne Jésus comme « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Trop habitués, peut-être, à la formule, nous manquons à nous émerveiller toujours à frais nouveau de cette promesse incroyable. Quand le psalmiste s’enthousiasme en chantant :  "Tu as ôté le péché de ton peuple", c’est parce qu’il a prophétisé : "Tu as fait revenir les déportés de Jacob" (Ps 84). Puis il ajoute : "N’est-ce pas toi qui reviendra nous faire vivre ?" Avec le pardon, Dieu offre la levée de toutes les conséquences du péché qui, étant exil et servitude en tout genre, empêchent la vie de toutes les manières.



Comment aujourd’hui s’accomplit la parole de l’évangile sur notre planète où les hommes gémissent sous le poids de l’esclavage intérieur et extérieur, des chaînes dont ils se chargent les uns les autres comme de celles que leurs passions leur infligent ? Si nous ne nous laissons pas libérer nous-mêmes du péché et de ses conséquences en nous convertissant, nous qui portons le nom de chrétiens, comment pourrions-nous annoncer de façon crédible aux hommes de ce temps la merveilleuse libération en Jésus Christ et la vie qu’elle ouvre, une vie d’amour dans la vérité ? Le témoignage d’une existence libre pour aimer est la condition d’une mission vraiment efficace.

Père Marc Lambret



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