Le courage d'un commencement

Il est des débuts d’année qui, loin de soulever l’enthousiasme à la perspective de tous les possibles de la vie qui chante, vous mettraient le moral en berne à la pensée de tout ce qui doit arriver. L’épreuve de force qui s’annonce sera forcément pénible et décevante pour tous, quelles qu’en soient la durée et l’issue. Comment en serait-il autrement si les acteurs en présence n’ont d’autre motivation, chacun, que  d’échapper au pire en ce qui le concerne ? Comment sortir de cette ambiance où la défense des avantages acquis deviendrait le mot d’ordre universel des pays riches qui s’alarment de la convoitise des autres, dans un monde qui n’en peut plus de surexploitation ?
Une nouvelle année liturgique en effet, une année saint Matthieu, s’ouvre en ce premier dimanche de l’Avent sur l’injonction énigmatique du Seigneur : "Veillez !" Nous voudrions lui demander de nous expliquer un peu plus en quoi consiste l’attitude requise. S’il s’agit de la fin du monde et de la venue en gloire du Christ, comme semble l’évoquer le début de l’évangile, faut-il guetter les "signes des temps" pour l’anticiper ? Si la consigne est de prévenir l’intrusion d’un voleur nocturne, puisqu’un tel personnage intervient dans l’exemple qu’il nous est recommandé de bien comprendre, de qui faut-il donc se méfier en réalité ?



Laissons celui qui doit venir entrer et veiller à la porte de nos cœurs pour en interdire l’accès aux suggestions du mauvais. Alors nous pourrons devenir le signe de sa promesse de bonheur aux pauvres et d’éternité à ceux qui bâtissent sur la solidarité et la générosité. Préparons-nous dans l’humilité et en esprit de conversion à fêter sa venue en notre chair de souffrance et de faiblesse, sinon nous pourrions passer à côté de la joie de Noël. Réjouissons-nous plutôt d’avance, car ce commencement se renouvelle à chaque âge du monde en grâce de charité et d’espérance et ranime notre courage à œuvrer au salut de Dieu pour les hommes qu’il aime.

Père Marc Lambret



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