Encouragement quand même

En ce temps de rentrée, nous attendrions d’être soutenus dans nos motivations pour aller de l’avant. Mais, dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus semble s’employer à décourager ceux qui marchent avec lui. En effet, les deux petites paraboles du milieu paraissent suggérer l’abandon d’entreprises trop ambitieuses. Or, elles s’appliquent évidemment à ceux qui nourrissent le projet de devenir disciples.
Pourtant, cet avertissement est d’abord nécessaire, car s’engager sur une fausse piste serait l’assurance de s’égarer. Le premier malentendu consisterait à penser pouvoir « faire affaire » avec Dieu, voire en faire son affaire. Une catégorie sociale, un groupe ethnique ou un parti politique tente parfois d’instrumentaliser une prétendue dévotion pour s’en prévaloir : cet abus manifeste disqualifie le soi-disant fidèle.
Ensuite, dans notre vie de foi, nous ne pouvons éviter de buter sur toutes sortes de scandales, soit de l’extérieur comme les infidélités qui défigurent l’Église, soit de l’intérieur comme les épreuves incompréhensibles qui frappent les croyants. Allons-nous en demander compte à Dieu et lui en remontrer sur son agir ou sa passivité ? Ou bien saurons-nous imiter l’obéissance confiante du Christ lui-même ?
Finalement, outre le côté salutaire de la mise en garde, cette apparente sévérité du Seigneur à l’égard des siens doit nous remplir d’enthousiasme à l’idée d’accepter d’avance tous les obstacles du chemin, parce que nous sommes sûrs de la fidélité de celui qui a promis de nous guider et de nous accompagner. Il est lui-même dès maintenant la récompense de ceux qui renoncent à tout pour lui dans la joie de son amour.


Père Marc Lambret

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