L’amour patiente, il sert, l'amour

Ainsi commence littéralement l’hymne à la charité, ce passage célèbre de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens souvent choisi comme première lecture pour les mariages. Toute la Passion du Seigneur se dit dans ces mots comme dans la parole par laquelle il l’annonçait lui-même : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
Avec les autres évangélistes, Luc nous donne donc à entendre le récit des souffrances et de la mort du Christ comme celui d’un sacrifice dont il est lui-même la victime s’offrant librement en accomplissement du dessein d’amour de Dieu qui veut sauver tous les hommes. Mais son attention particulière est de faire apparaître à travers le déroulement même des évènements tragiques leur récompense assurée.
Déjà, il décrit l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem comme sa véritable intronisation par une foule constituée de disciples, écartant de ce fait l’idée d’un malentendu conduisant au retournement du peuple qui basculerait de l’acclamation à la condamnation. Ensuite, il parsème la Passion de notes positives, jusqu’à la présence de « tous ses amis » auprès de la croix en passant par la conversion du « bon larron ».
Cette vision n’enlève rien à la radicalité du don infini du Fils de Dieu qui nous appelle à y répondre par le don total de nous-mêmes, mais elle la colore de la confiance que nous pouvons nourrir en sa miséricorde malgré nos tiédeurs et nos lenteurs. Ne perdons pas espoir du fait de notre misère au regard de sa bonté immense, croyons plutôt qu’il patiente toujours dans son amour inlassable, et hâtons-nous de nous y conformer.
Père Marc Lambret

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