Commencer à vivre

Pour beaucoup d’êtres humains, à l’évidence, c’est un jour de gloire que celui de leurs obsèques. Ce mot vient du latin : son origine évoque le fait de « suivre avec empressement », ce qui convient autant à la coutume du cortège funèbre qu’à celle des hommages rendus au défunt à cette occasion. Mais, hélas, il n’est pas là pour les entendre, à moins que l’on croie qu’il assiste à la cérémonie « à la fenêtre ».
Croire, là est la question. La plupart de nos contemporains s’en défaussent prestement au prix d’une vague réponse, ceux qui invoquent leur agnosticisme n’étant guère plus convaincants que d’autres qui avouent « croire à quelque chose ». En tout cas, la foi en la résurrection n’est assumée que par une minorité des pratiquants qui sont eux-mêmes de moins en moins nombreux.
Marthe, en revanche, fait preuve d’une belle assurance dans l’évangile de Lazare. En substance, elle déclare à Jésus : Moi, je crois et j’ai toujours cru. Pourtant, elle se dérobe alors à la question du Seigneur qui ne portait pas sur son identité de Messie, mais sur le fait qu’il est en personne « la résurrection et la vie ». Autrement dit, il ne faut pas attendre le jour de sa venue dans la gloire pour commencer à vivre en ressuscité par la foi en lui.
Il ne s’agit pas d’arborer « une tête de ressuscité » quand les autres font « une tête d’enterrement » : la volonté humaine n’y peut rien, elle ordonne seulement les apparences, tandis que le Seigneur regarde au cœur que lui seul peut changer. En revanche, le regard éclairé que nous portons les uns sur les autres, renonçant à l’envie et à l’orgueil pour entrer dans la charité qui ne juge, ne convoite ni ne méprise, peut transformer le petit troupeau des fidèles en Église digne de foi.
Père Marc Lambret

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