Cap sur la joie

Le bon capitaine qui traverse la mer, à peine a-t-il pris le large, met le cap sur sa destination, si longue que s’annonce la traversée. Tout juste saura-t-il tirer les bords nécessaires pour optimiser l’allure au gré des vents et des courants. Ainsi, jour après jour, par bonne brise, tempête ou pétole, il garde l’esprit fixé sur le terme de sa navigation qui ne cesse de se rapprocher. Ce n’est qu’à la toute fin, au moment de gagner le port, qu’il pourra suivre l’alignement : deux amers dont le plus proche et plus petit s’inscrit dans le plus grand et plus lointain, traçant ainsi une route sûre pour le navire.
La barque de Pierre, l’Église en pèlerinage ici-bas, avance ainsi jour après jour sur les flots de ce monde, gardant fermement le cap par tous les temps et quels que soient les détours que lui imposent les éléments contraires. En ces temps qui sont les derniers, elle sait que le port est proche et s’applique à suivre exactement l’alignement que lui dispose son Seigneur : au plus loin et au plus haut, le Jour ultime de sa venue dans la gloire, lorsqu’il établira toute justice ; plus proche et plus à hauteur d’homme aujourd’hui, Noël, la célébration de sa Nativité.
C’est ainsi, frères et sœurs, que l’attitude propre à l’Avent nous offre le type de celle qui convient toute l’année : garder le cœur ancré dans le Seigneur élevé à la droite de son Père jusqu’à ce qu’il vienne, espérance qui se profile dans la perspective ouverte en chaque Eucharistie où il s’annonce. Autrement dit, orientons notre vie quotidienne vers la messe du dimanche en portant le regard à travers elle jusqu’au Jour où Dieu sera tout en tous. C’est ainsi que, même à travers les peines et les épreuves de ce monde, nous vivons déjà d’amour et de joie dans le Christ.

Père Marc Lambret

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