Commencez en attendant

Le maître qui tarde a donné cette instruction à sa maison. Mais comment la comprendre ? Bien sûr, les préparatifs vont bon train pour la fête : nettoyage, installations, approvisionnement multiples et autres dispositions nécessaires. Mais préparer n’est pas commencer. Et comment pourrions-nous commencer la célébration avant l’arrivée du héros qui doit la présider ?

Paradoxe de l’Avent, nous attendons celui qui est déjà venu et qui est déjà là tous les jours jusqu’à la fin du monde, comme il nous l’a promis en partant. C’est pourquoi d’un côté nous garnissons nos crèches de tout ce qu’il faut sauf de l’Enfant lui-même, comme s’il ne devait vraiment naître qu’à Noël, de l’autre nous célébrons sa résurrection d’entre les morts en chaque Eucharistie de l’Avent.
D’un côté nous annonçons sa venue dans la gloire à la fin des temps, car c’est un autre aspect essentiel de ce temps liturgique, de l’autre nous vivons de sa présence au milieu de nous comme notre Seigneur et Sauveur dès à présent. Le paradoxe se résout dans la foi en l’amour qui, à travers la réalité de ce monde, surmontera sa destruction finale.

Ceux qui n’ont pas d’espérance vivent en attendant la mort. Ils font autre chose que ce qui les attend. Mais, nous, nous vivons déjà de Celui qui sera notre vie : nous vivons en attendant la Vie. C’est pourquoi saint Paul dit que nous sommes déjà ressuscités. Être chrétien en ce monde signifie commencer à vivre dans le Seigneur en l’attente ardente de sa venue.

Père Marc Lambret

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