Lutter contre l'occupation

L’occupation, cette sombre période de notre histoire, s’éloigne dans le temps et son souvenir s’estompe, mais d’autres nations font encore l’amère expérience de la domination d’une puissance étrangère sur leur sol. Étymologiquement, occuper un lieu signifie s’y installer en premier et donc en prendre possession. Si un nouveau venu s’en empare par la force, il s’arroge en fait les droits du premier occupant.
Le mot révèle un sens moins dramatique lorsqu’il désigne toutes sortes d’activités auxquelles on s’adonne volontiers : nous aimons pouvoir « vaquer à nos occupations ». Le paradoxe est ici que « vaquer » veut d’abord dire « être vacant », c’est-à-dire libre, sans emploi. Mais, comme la nature qui a horreur du vide nous tenons à le remplir largement, au point que les loisirs deviennent parfois plus pressants que le travail.
Voilà pourquoi l’énumération de ce qui peut « alourdir le cœur » dans l’évangile d’aujourd’hui rassemble curieusement « beuveries, ivresse et soucis de la vie ». Tout ce qui occupe ainsi notre vie, qu’il s’agisse des affaires que nous traitons par devoir ou par profession, des relations humaines ou des expériences récréatives, et quelle que soit la légitimité de ces activités, leste notre vie et la tient rivée à la terre.
C’est pourquoi le Seigneur nous appelle en quelque sorte à lutter contre ces occupations pour relever la tête. Nous le savons, c’est un dur combat que de libérer un temps quotidien pour la prière. Et pourtant, nous reconnaissons que c’est vital. Croyons aussi que porter notre regard au-dessus de toutes les vicissitudes de l’existence vers le Jour dernier où le Seigneur viendra change la vie et le monde en son Eucharistie.
Père Marc Lambret

Contact express