C'est Toi le Roi des Juifs

Tout procès commence par l’interrogatoire d’identité. Se tromper sur la personne rendrait vaine la suite. Ainsi la parole de Pilate n’est-elle pas vraiment une question, mais une affirmation qui attend seulement confirmation par Jésus : « C’est bien moi », ou peut-être contestation : « Ce n’est pas moi ». La réponse est donc inattendue mais très efficace pour retourner l’obligation de prendre position. Le préfet Romain
recule : il reconnaît qu’il n’a pas qualité pour se prononcer sur l’identité de Jésus en ce sens. Mais du coup le chef d’accusation s’évanouit.

Or, la question de Jésus demeure maintenant et jusqu’à la fin du monde. Tous nos crucifix portent, en abrégé ou virtuellement, le « titulum » : « Jésus de Nazareth, roi des Juifs ». Jean dit même que Pilate l’avait fait rédiger en trois langues. Les grands-prêtres protestent, mais le Préfet persiste, comme s’il assumait personnellement cet énoncé, accomplissant ainsi la parole de Jésus. Aujourd’hui, qui, juif, païen ou chrétien, oserait une telle affirmation ? Pourtant, le titre de « Fils de David » la signifie, et celui de « Messie », ou « Christ », l’implique clairement.

Désormais, à l’insu en général des croyants comme des non-croyants, la politique et la foi se trouvent intrinsèquement liées dans la seule question religieuse décisive pour l’humanité, celle de l’identité de Jésus. Jésus est Roi, nous le professons solennellement en ce dernier dimanche du temps ordinaire : roi des Juifs et roi de l’Univers. Mais ce roi ne veut l’être, en ces temps qui sont les nôtres, que dans et par le cœur des pauvres qui le reconnaissent dans leurs semblables. Ceux qui mettent cette foi en pratique, les petits comme les grands, hâtent la venue du Jour où toutes les tribus de la terre pleureront sa mort et leurs péchés, et où lui-même relèvera dans la gloire tous ceux qui auront espéré sa venue.

Père Marc Lambret

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