Le bois dur et le bois tendre

Quel contraste entre l’apocalypse qu’annonce Jésus, cosmique et terrifiante, et la comparaison qu’il nous propose avec l’humble figuier dont les branches deviennent tendres avant qu’il produise ses feuilles ! Le paradoxe s’approfondit si l’on reconnaît dans la description des événements l’annonce de la croix : le soleil qui s’obscurcit alors, c’est la Lumière du monde qui plonge dans la mort. La détresse qui précède cette heure de ténèbres, c’est celle du Fils de l’homme dans la tristesse à Gethsémani. Quant à l’annonce de la venue du Fils de l’homme dans les nuées avec puissance et gloire, elle se répétera devant ses juges, au cœur de la nuit des outrages et de la condamnation.

Dans cette épreuve ultime Jésus accueille toutes les nôtres, nos agonies, nos défaites et nos derniers soupirs. Le bois de la croix fut dur à la chair du crucifié, comme déjà le bâton du soudard, la couronne
d’épines et la lacération sous le fouet. Ainsi parfois nous trouvons dur le chemin que Dieu nous donne à parcourir dans la faiblesse et l’angoisse. Qu’alors la pensée du Seigneur tendre et miséricordieux que nous a révélé le Fils nous soit un réconfort comme elle le fut pour lui. Car lui-même nous accompagne chaque jour et l’espérance de sa venue ne trompera pas puisqu’elle s’appuie sur sa promesse très sûre.

Attendre la venue du Seigneur avec confiance implique de l’accueillir dès maintenant dans notre existence comme celui qui l’oriente vers ce Jour tant espéré en mettant en pratique sa parole, c’est-à-dire dans
l’amour en actes pour Dieu et pour le prochain. Réciproquement, cette vie avec le Seigneur n’aurait pas de sens si elle n’allait vers une fin, cette « Parousie » dans laquelle l’univers sera radicalement purifié et
transformé dans la gloire du Christ ressuscité. Alors la tendresse de Dieu aura le dernier mot contre toute la dureté du monde et l’Histoire s’achèvera en Dieu.

Père Marc Lambret

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