Faire le lien

Dimanche 4 novembre 2018

Qui n’a vu, au moins en reproduction, le doigt d’Adam tendu vers celui de Dieu par Michel-Ange au plafond de la chapelle Sixtine ? Au commencement, avant que le lien d’amour du Créateur à sa créature ne fût rompu du fait de la malice du démon et de la faiblesse de l’homme, le commandement n’était qu’évidence de la relation bienheureuse.
L’aspiration en est restée au cœur de tout enfant de la femme, comme une nostalgie et comme une espérance.
Le scribe avisé qui approuve Jésus en ajoutant une remarque judicieuse fait le lien entre les deux commandements hérités de la Loi, de l’amour de Dieu et du prochain. Le Seigneur l’en félicite, non sans toutefois quelque distance puisque du Royaume il se trouve seulement peu éloigné. Pour y entrer tout à fait, sans doute lui faudrait-il accomplir le lien de surcroît avec celui qui lui parle et réalise en lui-même le don de Dieu jusqu’au sacrifice de soi par amour pour les pécheurs.


C’est pourquoi l’Évangile de Jésus Christ, loin de constituer une proposition extérieure qui représenterait un risque d’aliénation, est dû à chacun comme ce à quoi il aspire du plus profond de son être afin d’en rétablir l’unité. L’homme qui se convertit à l’appel du Christ refait le lien avec lui-même : il renoue de tout son cœur avec sa conscience profonde où demeure inscrite la Loi première de l’Alliance d’amour.
Pour la restauration de notre être dans le baptême du Seigneur, nous célébrons son action de grâce dans l’Eucharistie dominicale et nous y demeurons dans la mesure où nous mettons en pratique la Parole entendue et reçue en communion. Et quand nous tombons à nouveau, blessant le cordon vital de la prière et de la charité en actes, nous sommes guéris dans le sacrement de réconciliation. Ainsi rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui nous lie tous en son Fils.

Père Marc Lambret

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