Richesse véritable

« Comme il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu ! » Dire cela en plein 7ème ! Est-ce que le Seigneur Jésus a bien conscience de ce qu’Il dit et surtout des personnes auxquelles Il s’adresse ? Dans un quartier où la transmission du patrimoine de génération en génération prend tant d’importance, doit-on fustiger ceux qui possèdent des richesses ? D’autant plus quand ces biens ont été  honnêtement gagnés et constituent le fruit d’un travail parfois séculaire. L’Église est d’ailleurs bien contente d’avoir des personnes capables de donner généreusement. La semaine dernière encore, Monsieur le Curé lançait un appel pour le denier de l’Église. Il conviendrait d’être un tant soit peu cohérent !... Allez, pour montrer ma bonne volonté, cette année, je fais un effort sur le denier. Cela sera suffisant, non ?

Eh bien ! non ! Cela ne sera pas suffisant. La question brûlante des richesses concerne en fait la question de notre trésor. « Va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. » Où mettons-nous notre cœur ? Où est notre trésor ? Se poser cette question revient à comparer le temps que nous passons à gérer nos biens avec celui que nous consacrons à la prière. Nous savons bien que « l’argent ne fait pas le bonheur. » Et peut-être même que nous ne mettons pas du tout notre recherche de bonheur dans nos biens mais simplement, nous nous en occupons par obligation, par tradition familiale pour transmettre à nos enfants ce que nous avons nous-mêmes reçu. Mais cet envahissement peut nous entraîner à nous occuper plus de développer les biens de cette terre plutôt que de nous accrocher au Ciel, suscitant en nous plus d’inquiétude et de tristesse que de paix et de joie.

Ce monde passera avec tous nos biens. L’essentiel se trouve au Ciel. Voilà cette sagesse qu’il semble si doux de posséder : « En face de la sagesse, l’argent sera regardé comme de la boue. [...] Tous les biens me sont venus avec elle et, par ses mains, une richesse incalculable. » (1ère lecture). Osons donc laisser résonner ces paroles du Seigneur Jésus en nous, afin d’examiner nos vies et, quelle que soit la quantité de nos richesses, de cesser de les laisser nous entrainer à l’inquiétude et à la tristesse pour les mettre au service du Royaume de Dieu, de l’amour, de la paix et de la joie.


Père Edouard Dacre-Wright

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