Les deux clés du bonheur

Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » (Ps 4,7). Quoi de plus universel, en effet, que la recherche de ce qui peut rendre l’homme heureux ? La région où le Christ emmène ses disciples
aujourd’hui, aux sources du Jourdain, était un très ancien sanctuaire du dieu Pan. Dans la mythologie grecque, cet immortel difforme et effrayant personnifiait la poursuite inlassable d’une satisfaction impossible noyée dans l’ivresse du désir et les enchantements de la musique. Autant dire que ce vieux dieu païen a bien des adeptes qui s’ignorent en notre temps.

Pourquoi Jésus choisit-il ce lieu, sinon pour ce qu’il représente de besoin de salut universel ? Loin de mépriser ce soupir de la créature en souffrance, il veut y répondre généreusement, mais sans laisser ignorer à ses disciples ce que signifie de renoncement à soi le chemin qu’il ouvre : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. » Dans les peines comme dans les joies de notre pèlerinage sur la Terre, ne cessons pas de poursuivre avec le Psalmiste : « Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage ! »

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