Civilisation de communication

L’évangile de ce dimanche évoque l’aliénation et la liberté de l’esprit de l’homme. Sommes-nous vraiment libres ou sous influence ? Il y a un peu plus de trente ans, le Cardinal Jean-Marie Lustiger dans « Le choix de Dieu » faisait le constat suivant :

« Autant il est nécessaire de prendre en compte les tendances de l'opinion publique, autant il me paraîtrait démissionnaire et démagogique d'en faire le critère principal du jugement et de l'appréciation. Je le vois au jour le jour dans les délibérations auxquelles je participe. Quand un mensonge est édité à cinq cent mille exemplaires, il devient "une vérité" qu'aucun démenti ne peut affaiblir. Notre civilisation devra
apprendre la maîtrise morale et intellectuelle des prodigieux moyens de communication qu'elle développe. Cela sera plus difficile que, par exemple, de maîtriser l'énergie nucléaire. Car la civilisation de communication qui s'instaure sous nos yeux aura des conséquences positives ou négatives sur l'existence physique, psychique, affective de tous. Conséquences qui ne peuvent être maîtrisées que par un apprentissage personnel de la liberté, si on ne veut pas laisser des groupes humains entiers tomber sous la dépendance des intérêts économiques engagés dans ces énormes investissements. »

Aujourd’hui, à l’heure où les débats parlementaires s’efforcent de contenir les effets de nouvelles technologies à l’école et de punir les auteurs de « fausses nouvelles », il est utile de relever quelques termes employés par le Cardinal Lustiger qui semblent avoir disparu de notre horizon : la maîtrise morale et intellectuelle et l’apprentissage personnel de la liberté ! Les solutions juridiques et techniques sont toujours secondes par rapport à l’engagement intellectuel et spirituel. Essayons de nous en convaincre.

Très belle semaine à tous,

P. Laurent Stalla-Bourdillon

Contact express