La sainteté n’est pas moins que le sommet de notre humanité

Ces vacances de Pâques auront peut-être été l’occasion pour certains d’entre vous de lire la récente exhortation apostolique du Pape François, « Gaudete et exultate ». Si tel n’est pas le cas, ces quelques lignes vous aideront à mesurer l’importance de ce petit livre.
François réveille une fois de plus les baptisés ! Parce qu’ils se sont laissés assoupir par un monde séduisant de prouesses, ils sont aussi devenus sourds à l’appel à la sainteté comme le but heureux de leur vie et le moyen du vrai bonheur. « Voici quelle est la volonté de Dieu : c’est votre sanctification » (1Th4,3). La sainteté n’est pas moins que le sommet de notre humanité.
D’un autre côté, François comprend que l’Eglise s’est enfermée dans un idéal d’existence qui interdit l’échec, et ignore la voie de la miséricorde pour accéder à la sainteté. « Nous compliquons l’Evangile » écrit-il (n°59), de sorte que l’Eglise sert des préceptes et non l’homme (n°61) ; le remède à cette maladie spirituelle est premièrement la douceur, la pratique de petits gestes et de petits pas pour nous sortir de l’illusion de notre perfection. Si le Seigneur dévoile sa force dans notre faiblesse (n°18), nous n’avons plus à la craindre, mais à la confesser.
Cet humble effort de conversion à l’amour du Seigneur, qui relève, pardonne et fortifie vise avant tout le bien du monde entier ! L’image de l’Eglise qu’ont les non-chrétiens et leur connaissance de sa foi ne sont-elles pas en train de se détériorer ? « Dans la mesure où il se sanctifie, chaque chrétien devient plus fécond pour le monde » (n°33). L’Esprit-Saint est à l’œuvre en chaque personne, il inspire toutes nos questions. Grâce à Lui, nous ne plaçons pas notre confiance en nous-mêmes, mais en son Amour Sans Mesure ! François souhaite revenir sur ce malentendu,  qu’est l’appel adressé à Abraham en Gn 17,1 : « Marche en ma présence et sois parfait ». La condition de notre perfection est de demeurer en sa présence, même pauvre et pécheur ! La perfection réalisée par soi est une funeste illusion, sans notre confiance en son amour miséricordieux ! En cessant de nous auto-jusitifer, nous permettrons au Seigneur de nous révéler le chemin de la joie des béatitudes ! C’est ce que nous demanderons cette semaine en priant les uns pour les autres.

Belle semaine à tous,
P. Laurent Stalla-Bourdillon

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