Carême : notre société au miroir de ses prisons

Le 22 juin 2017, dans une tribune intitulée « Les ministres du bagne », François Sureau, avocat et écrivain, s’interrogeait sur la signification de l’état des prisons en France :
« Des ministres, des fonctionnaires, des parlementaires par centaines ont côtoyé, inspecté ou dirigé cette terrible machinerie qui très tôt s’est mise à tourner à
vide, sans remplir aucun des objectifs que la politique lui avait assignés, s’enlisant par force dans la crasse mêlée de la rigueur des règlements et de la méchanceté des hommes. Il nous est interdit de nous croire meilleurs. Le bagne est devant nos yeux, à Fresnes, à Fleury, dans les maisons d’arrêt, et nous passons sans le voir. (…) La vraie justice devrait punir sans avilir, si du moins l’on continue de penser qu’elle est rendue au nom d’une certaine idée de l’homme. Que nous est-il arrivé ? Nos prisons sont devenues des abreuvoirs de honte et de dégoût pour ceux qui y survivent. Leur misère est si grande qu’elle efface jusqu’au souvenir des crimes des hommes. Nous avons jugé ces hommes et c’est à présent notre silence qui nous juge. (…)
C’est le monde du bagne : la misère des détenus jouxte celle de leurs gardiens, et l’administration ne voit pas d’autre solution pour soulager la seconde que d’aggraver la première. (…). Il suffirait de la volonté d’un ministre qui aurait compris qu’il n’y va pas seulement de la dignité des détenus mais aussi de la nôtre, qui déciderait enfin de faire simplement ce qu’il faut, en oubliant que « les prisonniers ne comptent pas plus que les morts » puisqu’ils ne décident pas du sort d’une élection. Ce ministre, je voudrais tant le connaître avant de fêter le centenaire de la fermeture du bagne. Car c’est « au nom du peuple français », en notre nom, que la gangrène s’étend. (…) »
Je vous encourage à prendre le temps d’une soirée, mardi 20 mars (tract ci-joint), pour réfléchir ensemble au rapport entre la société et ses prisons, pour mieux comprendre la parabole du jugement de l’évangile selon saint Matthieu ch25, « J’étais en prison et vous êtes venus à moi ». Le lendemain soir, avec le groupe de louange Adoramus Te, nous vivrons une soirée d’adoration, au cours de laquelle chacun pourra recevoir le sacrement de la réconciliation en vue des fêtes de Pâques.

A tous, je souhaite une belle semaine,

P. Laurent Stalla-Bourdillon

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