Le corps, objet d’un soin nouveau (1ère partie)

Nous sommes devant des transformations inédites de la médecine et du soin. Les découvertes scientifiques, couplées à des innovations technologiques, le développement des micro-bio-nanotechnologies, font que la médecine entre dans une ère nouvelle.

De la réparation, elle est passée à la prévention, et la voilà propulsée vers la prédiction, l’augmentation : notre politique du soin dépend largement de notre idée du corps.

Ces ruptures importantes vont nous permettre de nous transformer. Les nouvelles questions éthiques nous obligent à repenser la signification pour l’homme d’une nature reçue : la seule vraie question porte sur la nécessité ou pas de conserver l’intégrité du corps humain, sa forme, son métabolisme, - nous y reviendrons - et le donné des éléments de départs que sont les gênes. De nos gênes jusqu’à la forme de notre corps, tout semble ouvert et accessible et tout peut changer.  Nous entrons « non dans une époque de changements, mais dans un changement d’époque » – selon l’expression du Pape François en novembre 2015 – qui peut inspirer de la fascination ou de la peur, tant aux institutions qu’aux individus.

Beaucoup sont victimes de l’illusion de l’immédiateté de la connaissance exhaustive du corps à partir de la perception, de la sensation qu’ils en ont. La possibilité que le corps soit autre chose est devenue très difficile sinon impensable. 

L’être humain est plus que la somme des atomes de son corps, il doit être conçu dans une pensée, pour échapper à sa seule matérialité : nous sommes responsables de ce que nous concevons ! Décidons-nous à penser le corps… un peu chaque jour. Et si notre effort de carême pouvait surtout consister à accepter les conséquences rationnelles du fait que nous ne sommes pas notre propre origine...

Belle semaine à tous,


P. Laurent Stalla-Bourdillon

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